CHRONIQUE
mercredi 20 août 2025
On arrive à Québec
Bonjour à tous ! Le temps passe, les kilomètres s'accumulent, les souvenirs aussi, et l'échéance de la fin (des vacances) approche à petits pas...Nous poursuivons ces vacances tranquilles dans ce beau pays pour lequel je dois dire que j'ai un vrai coup de coeur... même si bien sûr, ici et là, quelques anecdotes, que Christophe bien sûr minimise ou passe sous silence, viennent pimenter le calme auquel j'aspire. Par exemple, lors d'une de nos bucoliques explorations en voiture dans une de ces villes inconnues au charme naturel, nous voilà tout d'un coup tirés de notre rêverie par.... un coup de klaxon. Puis, deux, puis trois... enfin, on ne comprend pas bien pourquoi cette autochtone sur notre droite semble décidée à se la jouer à la française en faisant un usage intempestif de son avertisseur sonore... quelque chose en moi me dit qu'il doit y avoir une raison, mais Christophe bien sûr ne s'en préoccupe pas du tout, persuadé comme il l'est toujours que nous évoluons dans une bulle ouatée que les adressions du monde ne peuvent atteindre...Bref, on continue sur notre lancée, et voilà que tout d'un coup arrive en face de nous un véhicule d'un aspect banal mais certainement sorti tout droit de l'enfer... parce que quand je dis en face, c'est EN FACE, c'est-à-dire face à nous sur la même voie (vous visualisez ? Sinon c'est dommage pour vous). Et lui aussi, ce québécois du démon, il klaxonne ! De manière répétée et prolongée, genre le train qui passe au passage à niveau, mais avec l'accent québécois, ce qui explique le temps qu'il nous a fallu pour comprendre qu'on était DANS UNE RUE A SENS UNIQUE ! Et oui, Christophe, trop occupé à s'extasier devant les gouttières, les pelouses, les boîtes aux lettres, n'a pas vu le panneau, et cela fait donc quelques minutes que nous roulons tranquillement de manère totalement interdite. Et c'est là qu'on voit que le québécois est vaiment sympa, puisque, à part les klaxons, personne n'a ouvertement manifesté son hostilité avec des noms d'oiseaux ou des gestes délicats comme nous en sommes coutumiers en France. Donc hop ! un petit demi-tour vite fait et nous revoilà dans le sens de la marche, où chacun peut apprécier d'être vivant et s'extasier sur les gouttières, les pelouses et les boîtes aux lettres...Vous avez tous savouré les posts de Christophe, donc vous avez vu à travers ses yeux toutes les belles choses que nous avons découvertes ici, inutile que je reprenne tout en détails. On a vu des cascades, et des cascades, et des cascades, avec des marches à monter, à descendre, du soleil écrasant, mais surtout des vues incroyables, des atmosphères inspirantes et des visiteurs émerveillés... au milieu de tout ça, des haltes dans des hôtels plus ou moins mémorables, personnellement j'ai eu un coup de coeur pour notre "auberge" aux Eboulements : ambiance XIXème siècle garanti, ne me manquait que la tenue adéquate et les chevaux tirant le chariot pour m'y croire vraiment...Bien sûr, on n'a pas vu que des chutes, nous avons aussi taquiné la baleine à Tadoussac. Ceux qui me connaissent bien savent que les créatures marines ne sont pas mes préférées, mais les humains l'étant, surtout les miens, je me suis accrochée à leur enthousiasme, et ça valait le coup... la jeune génération a pu piloter un peu le bateau pour se créer de nouvelles sensations, pendant que Christophe mitraillait à tout va. De mon côté, je scrutais les abords du bateau car il fallait bien que quelqu'un puisse réagir rapidement si un danger venait par le fond, menaçant de renverser notre finalement frêle embarcation... même si notre capitaine nous a assuré que cela n'arrivait jamais, on n'est jamais trop prudent. Il suffit qu'un de ces cétacés décide de jouer les divas et hop, on boit tous la tasse ! Moi au moins, je serai préparée et je pourrai... couler avec élégance. Voilà.Donc après ces grands bols de nature sauvage, nous avons pris une petite collation de "citadinisme" à Québec. La tête encore dans les tourbillons des cascades et les embruns du Saint-Laurent, dure est la chute à l'arrivée dans notre hôtel qui semble... en construction ? En réfection ? En tous cas, le sol du hall d'accueil est en béton brut un peu cra-cra, la réceptionniste doit avoir une retenue sur salaire chaque fois qu'elle prononce un mot, et l'installation électrique des chambres doit avoir été réalisée par un mal-voyant borgne parce qu'on n'y voit goutte... en même temps, on a à peine le temps d'en "profiter", car c'est le 15 août et qu'une messe nous attend. Dès le début, nous sommes invités à "discuter avec notre voisin" sur quelque chose que Marie a accompli dans nos vies; j'éclate de rire intérieurement car je sais à quel point cela horripile certains et je jette un regad à Louis qui, à côté de moi, commence déjà à transpirer à l'idée de devoir s'acquitter de cette tâche. La personne devant nous, qui se trouve être un moine, se retourne et engage la conversation. J'ouvre la bouche pour socialiser mais voilà-t-y pas que mon fils me devance et tape la discute avec ce brave homme... 2mn après ils sont grands potes et je reste bouche bée. Les miracles existent. Une procession est organisée à la fin, on nous remet des cierges, c'est très beau, et il n'y aurait rien eu à ajouter si Louis (encore lui !), sans doute illuminé par la grâce de sa rencontre, n'avait pas essayé de se faire remarquer en laissant le support de son cierge prendre feu, sous le regard éberlué des gamins de 4 ans qui nous entouraient avec leurs cierges intacts...Nous survivons à la nuit à l'hôtel, certains font un plongeon dans la piscine puis nous nous mettons en route pour Québec, sous un beau soleil et une température plus supportable que les jours précédents... belle balade, on flâne, on goûte à la spécialité locale des queues de castor, on achète des souvenirs, on fait des photos, on admire le Vieux-Québec grâce à une chasse au trésor audio-guidée et on s'arrête... devant le Château Frontenac. Vous voyez ce que c'est bien sûr... le plus bel hôtel de Québec, dans un ancien château, trop la classe à Dallas... tandis que j'admire la façade, je surprends un conciliabule entre Christophe et les enfants, et là, je comprends : ces cahottiers ont prévu qu'on dorme là cette nuit ! Comme je l'avais proposé avant que le banquier s'y oppose ! Peut-être qu'on aura la suite Céline Dion, ou peut-être la suite Churchill pour faire le lien avec le début de nos vacances anglaises, oh oui, tout se tient ! Ca va être super, quel cadeau incroyable pour mes 50 ans ! Il va falloir que je réussisse à convaincre Christophe de ne pas descendre au petit-déj en tongs parce que dans ce genre d'établissement ça ne se fait pas mais au pire je jetterai ses tongs dans la poubelle pendant la nuit et voilà, mais oh la la ça va être trop bien, j'ai tellement hâte ! Lorsqu'ils m'appellent, je me retourne au ralenti, comme dans les films, avec toute la grâce qui me caractérise, et je me prépare à les voir me tendre la confirmation de réservation... ils se mettent alors à parler tous en même temps, Christophe veut filmer plus loin, Paul cherche des toilettes, Louis a repéré une boutique de cartes Pokémon, Coline va commencer une conversation avec Mathieu et Marion chante "Ah la belle vie" puisqu'en ce moment elle est fan de la comédie musicale Molière... Je comprends alors que je me suis peut-être un peu emballée, c'est pas grave, je reviendrai quand je fêterai mes 100 ans...Nous rentrons bien tard, bien chargés et bien fatigués, et je me réjouis, malgré tout, de retrouver notre hôtel glauque qui propose quand même une douche chaude et un bon lit... Les enfants partent devant, moi je joue les bonnes épouses en restant aux côtés de mon seigneur et maître qui doit sortir tout son bord...., pardon tout son matériel photographique. En nous drigeant vers l'entrée, nous apercevons Paul et nos filles arrêtés sur le côté de l'hôtel, avec une drôle de tête; ils nous désignent un truc au sol, qui ressemble à un vieux tee-shirt de SDF, ou à un morceau du pull tricoté par Thérèse dans le Père Noël est une ordure. J'observe l'objet de près et... il s'avère que c'est un tee-shirt de Christophe. Très reconnaissable, avec un trou caractéristique, mais "il faut pas le jeter parce que c'est un souvenir du Bubba Gump". La question est : comment est-il arrivé là ce tee-shirt ??? Tout le monde pâlit un peu (sauf Marion qui devient transparente si elle perd de la couleur) en réalisant ce qui a dû se passer : notre chambre a certainement été visitée pendant notre absence, nos biens de valeur dérobés et les objets jugés inintéressants (comme ce tee-shirt, désolé Christophe) dispersés aux 4 vents. Etonnamment, un sursaut d'énergie me submerge et je prends la tête de l'expédition familiale en direction des chambres (avec le tee-shirt en main, s'il ne nous reste que ça on sera bien contents de pouvoir découper des mouchoirs dedans). Louis est déjà dans le couloir, il a vérifié leur chambre, RAS là-bas, donc il patrouille devant la nôtre tel Sherlock Holmes à la recherche d'indices. Ni une, ni deux, j'ouvre la porte et découvre el désastre : les tongs de Christophe trônent au milieu de la pièce, bien en vue, spectacle difficilement soutenable. Mais à part ça, madame la Marquise, tout va très bien, tout est là... mystère, mystère... dont l'explication réside peut-être dans le fait que Christophe, je l'ai dit, transporte perpétuellement un amoncellement de matériel dans son sac, ses poches, ses mains etc... et qu'au final ça ne m'étonnerait pas que ce matin il ait embarqué son tee-shirt sans s'en rendre compte, coincé entre la caméra et l'appareil photo, et que ledit vêtement, voyant là une opportunité de retourner à la vie sauvage, lui ait volontairement glissé des mains dès les portes de l'hôtel franchies...Malheureusement, son aventure aura été de courte durée, prochaine destination garantie pour lui : la machine à laver...Ainsi prendra fin cette première partie de périple nord-américain. Je suis à la bourre sur l'emploi du temps, mais promis, j'écrirai encore au moins une chronique avant la fin, il y a déjà de la matière ! Merci de me lire !



