28 Aug  Retour base

Mon cher lectorat,
comme il m'est doux de reprendre mon clavier pour vous narrer ces derniers jours de vacances (et accessoirement, puisque nous sommes de re-retour en terre française, oublier que Coline a repris le volant après nous avoir dit qu'elle avait mal dormi et que le fait de tenir le volant lui donnait des crampes... conditions idéales pour conduire vous en convenez !)...
Il y a 5 jours, nous posions nos valises à Obersteinbach en Alsace, dans l'objectif de poursuivre notre exploration historique sur les ouvrages de la Ligne Maginot. Vous connaissez bien sûr toute cette série de fortifications élevées dans les années 30 dans le but de protéger la France contre une offensive allemande que tout laissait présager... "Forteresse de France" censée être infranchissable, ce qui devait être le cas puisqu'en 1939/1940, l'armée allemande décida tout simplement de la contourner pour rentrer chez nous comme dans du beurre !
Comme je l'évoquais précédemment, notre retour en France s'est accompagné d'une crevaison malvenue, contraignant Christophe et les garçons à se relayer au cric et aux boulons, tandis que je m'extasiais devant leur efficacité et que les filles faisaient semblant de s'intéresser, délaissant de temps en temps leur musique et leur livre pour ponctuer mes exclamations enthousiastes de petites onomatopées ayant pour but de marquer leur soutien à la gent masculine de la famille. Stéréotype de genre s'il en est, et il en fut !
Une fois roue de secours installée, boulons revissés et cric rangé, nous voilà repartis en direction de Lembourg où le Four à Chaux nous attend, premier vestige de notre liste. Nous apprenons que la situation sanitaire interdit les visites libres, par chance une visite guidée en français est sur le point de débuter : nous nous joignons donc au petit groupe et à son guide alsacien pur jus, dont l'accent à couper au couteau rend parfois la compréhension malaisée. Mais il a beaucoup d'humour et repère vite notre petite troupe, engageant les garçons à manoeuvrer la tourelle amovible, et interpellant Marion qui, ne comprenant rien à ce qu'il dit, se contente d'ouvrir de grands yeux de biche effarouchée.. Bref, un bon moment d'histoire et de rigolade dans la fraîcheur de cet édifice témoin, non pas de glorieux combats, mais d'un certain génie industriel et militaire dont il est bon de faire mémoire.
Cette visite s'avèrera être la seule de son espèce (à la grande joie de Marion !), puisque nous constatons vite que les informations dont nous disposons sont fausses et que les autres monuments prévus au programme sont soit carrément fermés, soit, comme je l'ai dit, uniquement accessibles en visites guidées, toutes complètes pour la seule date où nous sommes sur place... tant pis ! Nous prenons possession des chambres d'hôtes réservées et faisons connaissance avec leurs propriétaires, de sympathiques hollandais au français approximatif mais au goût du contact bien développé... y compris le matin, au petit déj. Déjà, moi, vous le savez, je n'aime pas les gens, mais alors la matin à jeûn c'est même de la sociopathie... heureusement que Christophe parle pour nous deux !
Nous partons donc pour Bitche et sa forteresse, que nous découvrons sous la pluie et le froid. Cela me rappelle tellement de souvenirs de vacances passées où nous restions des heures dans notre voiture garée face à la mer, en attendant que la pluie et le vent se calment, et que le dernier bébé en date finisse sa sieste , Christophe scrutant le ciel en disant "ça va se lever" et moi pensant à notre tente détrempée et aux duvets humides et glacés qui nous attendent au camping, au milieu de nulle part...
Après le déjeuner, le soleil s'invite, sans doute parce qu'il a pitié de moi qui ai proposé une randonnée, ce qui a soulevé une vague d'enthousiasme proche de zéro chez la jeune génération, ayant encore en mémoire le souvenir cuisant (ou plutôt, détrempant), de notre excursion au nid d'Aigle. Donc, les rayons bienvenus nous accompagnent dans notre découverte du Colorado Alsacien (après Bryce Canyon et Rustrel, on commence à bien connaître le panorama !) où nous passons un délicieux moment rempli de fous-rires et de photos improbables... Nous longeons la frontière allemande, la franchissant même pour aller au Rocher de Diane, Christophe laissant son empreinte pour immortaliser l'instant... décidément, l'Etrangie est vraiment proche !
Fatigués, affamés, nous nous mettons en quête du dîner... mais croyez-moi, on a beau être le 23 août, on se croirait le 23 novembre : tout est fermé ! Sauf le restau étoilé devant lequel nous nous arrêtons pour regarder le menu. Le cri de douleur de ma carte bancaire et le regard assassin que le serveur me lance, s'attardant sur mes chaussures de marche, ma queue de cheval de travers et mon jean fatigué, nous incitent à pousser nos recherches plus loin, et bien nous en prend car ledit serveur manque de s'évanouir en voyant notre Trafic slalomer entre les Bugatti et autres voitures incroyables garées sur le parking...
Nous errons un certain temps avant de dénicher un petit snack aux allures sympathiques en bord de route. A peine mon postérieur posé sur le banc graisseux, le couperet tombe : il faut payer en espèces. Raclant les fonds de tiroir, nous réunissons la folle somme de 26 euros et 45 centimes.. Il faut donc prendre une décision :
1. On tire au sort celui qui a le droit de manger, les autres lui lêcheront les doigts
2. On partage une pizza en 6, mais c'est compliqué de choisir car Marion veut une pizza sans rien et les autres ne sont pas d'accord ( et je crains une poussée de cannibalisme nocturne plus tard)
3. Christophe remet son chapeau de Charles Ingalls et part à la ville trouver de l'argent pour nourrir sa famille (traduction : il va retirer du liquide)
C'est évidemment cette dernière solution qui est retenue, et nous regardons avec émotion le patriarche remonter dans son chariot - heu, sa voiture, pour s'en aller au loin comme son devoir le lui dicte, sous les violons déchirants du générique de LPMDLP. Enfin, ça c'est moi, notre ingrate progéniture est déjà en train de passer commande !
Donc, nous réussîmes à nous restaurer, à regagner nos pénates, à survivre au petit déjeuner du lendemain et à gagner Strasbourg, avant-dernière étape vacancière. Lors de la petite pause avant de partir à la découverte de la ville, les garçons décident de laisser un commentaire sur l'hôtel où nous séjournons. Paul, avec son humour habituel, regrette que les écrans de télévision soient un peu petits, et trouve de bon ton de nommer la série débile qu'il regarde avec son frère. Vous savez, le genre de série sans queue ni tête qui les éclate et nous fait nous sentir vieux et ringards car on ne voit pas trop ce qui les amuse, comme c'était le cas avec nos séries quand nous étions ado et que nos parents disaient "encore devant cette connerie??".
Bref, voici le commentaire de Paul :
Chambres propres avec salle de bain et télévision (pas très grande) pour regarder Trailer Park Boys
Et voici la réponse de l'hôtel :
Bonjour
Nous vous remercions pour votre retour. Nous sommes ravis d'apprendre que vous avez apprécié votre moment passé à l’Holiday Inn Express Strasbourg Centre. Nous prenons note de vos remarques concernant la taille de la télévision, c'est vrai que pour une super série comme Trailer Park Boys un home cinéma serait plus adapté 🙂
Nous serions très heureux de vous accueillir à nouveau lors de votre prochain séjour en Alsace,
Cordialement.
5 étoiles pour l'humour de celle qui a répondu !
Strasbourg tient ses promesses avec le magnifique quartier de la petite France, la cathédrale et ses alentours, les spécialités de choucroute et de tartes flambées, mais aussi les pâtisseries pour la fête de Louis (et celles de Marion et Christophe en retard), et le très bon moment passé avec Ryan Reynolds au cinéma devant "Free Guy" !
Et enfin, nous arrivons au terme de notre périple avec la dernière réserve de sensations fortes au programme : Europa Park ! 2 jours de loopings, de vrilles, d'accélérations incroyables, de freinages brusques, d'éclaboussures à toute vitesse, de files d'attentes, d'examen du plan, de dégustation de burgers, glaces, donuts et autres aliments gras, sucrés et salés, de répétition de "je suis trop vieille pour ces conneries", de félicitations de mes enfants comme si je venais d'accomplir une mission impossible... rien que pour ça, ça valait le coup, partager leur plaisir et leur enthousiasme, faire le plein de sourires, de souvenirs, et tant pis si le budget ostéopathe va exploser à la rentrée !!
Coline a conduit 2 heures, la pause s'impose, je vais donc reprendre ma place de Chewbacca auprès de Han Solo pour continuer la route qui nous ramène chez nous, où nous attendent notre petit Jakku, notre nid familial et notre vie de tous les jours dans laquelle nous serons heureux de vous retrouver, en vrai !! A bientôt !
28/08/2021 - Elodie

 22 Aug  Legoland

Bonjour amis lecteurs...encore une fois, merci de vos commentaires de soutien qui me vont droit au coeur, même si je sens bien chez certains une pointe de scepticisme par rapport à la véracité de ce que je raconte. Donc, je le redis : je n'invente rien !!! Ne vous fiez pas aux clichés trompeurs de Christophe qui donnent l'impression que nous passons des vacances à la cool au bord de la piscine : ceci n'est qu'une partie inifitésimale de nos congés, destinée à m'empêcher soit de sombrer dans la boulimie (oui, l'alcoolisme ne me tente pas trop), soit de sauter dans le premier train venu pour rentrer chez moi...
Coïncidence amusante, je disais justement à l'Homme que personne ne voudrait jamais partir en vacances avec nous après mes récits... et certains l'ont bien justement affirmé dans leurs commentaires. Lorsque nos oiseaux auront tous quitté le nid, je serai donc condamnée à affronter seule les aventures improbables que ma tendre moitié ne manquera certainement pas de me faire vivre, accentuant ainsi mes rides, mes cheveux blancs et ma surcharge pondérale, tandis que nos amis se doreront la pilule dans des clubs paradisiaques ou découvriront le monde dans la sécurité d'un voyage organisé...
Mais bon, allez je ne me plains pas trop : ce matin au petit déjeuner, Christophe m'annonce que le Nord Est des Etats-Unis se prépare à affronter l'ouragan Henry... et on aurait dû y être !!! J'avoue avoir lâché une petite action de grâce en entendant ça, tandis que Christophe, lui, se lamentait en disant que sûrement, ça aurait fait une super chronique ! Du coup, pour calmer la frustration de monsieur, l'ouragan Henry a envoyé un de ses petits frères pour nous accompagner aujourd'hui sur la route qui nous ramène vers la mère patrie... Nuages, vent et pluie, hmmm, sur la route, j'adore ça ! Niveau de stress en Defcon 3, du coup j'ai été instamment été invitée à... la boucler, donc à taper ma chronique pour arrêter de paniquer... voilà, voilà.
Ma carcasse va mieux, merci. Je peux à nouveau me déplacer tel un bipède lambda, et passer d'une position à l'autre sans émettre de plainte sonore... Heureusement, parce que , comme vous l'avez constaté, nous avons quand même pratiqué quelques activités "secouantes", voire "renversantes" ! En effet, après nos tribulations au Nid d'Aigle, nous avons débarqué à Legoland. Ceux qui nous connaissent bien visualisent immédiatement le magasin non-officiel Lego qui se trouve chez nous, constitué par l'accumulation des modèles possédés par les enfants, le tout premier datant du 5ème anniversaire de Louis. Oui, chez nous on emboîte des briques depuis plus de 15 ans... et les filles ne sont pas en reste.
Nous avions déjà visité un Legoland en Grande-Bretagne en 2014, mais la journée était pasée très vite et nous n'avions pas eu le temps de tout faire. Du coup, cette année, nous avions réservé 2 jours, et entre les 2, une nuit dans une "petite maison" du village Légo. Elle était décorée sur le thème des aventuriers, ce qui nous allait assez bien ! Avant d'en prendre possession, notre première journée sur le parc nous a amenés à plusieurs constats :
1. la moyenne d'âge de notre famille dépassait largement celle des autres visiteurs. En effet, l'immense majorité des visiteurs ont moins de 10 ans, et les autres sont...leurs parents. Du coup, on se faisait remarquer avec nos grands gognants tout excités, dans lesquels j'inclus Christophe évidemment !
2. les concepteurs du parc savaient qu'on viendrait un jour : les villes et lieux touristiques représentés en Legos dans le mini-land étaient ceux de notre périple : Amsterdam, Munich, Neuchwanstein, et même Berlin pour nous rappeler notre précédente excursion en terre allemande !
3. notre expérience Disney est toujours utile, les temps d'attente nous paraissant toujours dérisoires !
Dès le pied posé dans le parc, Coline nous serinait pour faire Llyod's Spinjitzu Spinner et comme elle n'est pas du genre à réclamer souvent quelque chose, je l'ai soutenue dans sa demande. Hélas, pauvre de moi ! Je soupçonne Christophe de lui avoir fait cette suggestion sous forme de litanie inlassablement répétée durant son sommeil afin qu'elle se persuade que c'était son idée, car ce truc s'est encore révélé un véritable traquenard ! Alors que je m'attendais à un petit manège gentillet, je me suis retrouvée dans un rouleau de la mort, la tête en bas, en marche avant, en marche arrière...et pourtant, j'aurais dû men douter quand Christophe a installé la GoPro pour nous filmer... n'apprendrai-je donc jamais ??
Le lendemain, les principaux objectifs des enfants étaient acheter des boîtes de Legos en utilisant leurs économies, visiter la fabrique Lego expliquant le processus de fabrication des petites briques, représenter notre famille en figurines et m'entraîner encore une fois dans une attraction complètement folle... et tout fut fait ! Si les 3 premières activités n'ont pas nécessité un grand investissement émotionnel de ma part, la dernière en revanche manifesta de manière éclatante une certaine forme d'épuisement et de renoncement à la lutte... en effet, pour cette attraction que nous avions découverte au Futuroscope, le malheureux passager peut choisir son niveau de "secouage", de 1 à 5. Les enfants étant tous partants pour le 5, Christophe, me sentant sur un état physico-psychique précaire, s'est gentiment dévoué pour faire avec moi le niveau 2, destiné aux moins d'1m20 et aux détenteurs de la carte vermeil. On s'installe donc, et là, quand le monsieur de l'attraction nous demande le niveau souhaité, je ne sais pas pourquoi mais mes doigts agissent de leur propre chef pour former un 5 parfait, telle une gifle que je m'auto-administre, peut-être pour en finir plus vite ou que sais-je... toujours est-il que nous avons donc été ballotés comme des malheureux, que j'ai gardé les yeux fermés tout du long et que les enfants m'ont félicité en ne faisant que de discrètes allusions à mes "petits cris", symboles de mon impuissance désespérée... là encore, la GoPro a immortalisé la scène, et en visionnant les images je trouve que, malgré le masque, mon expression et mon attitude sont révélatrices !
Et puis il restait un chapitre à écrire dans le récit de nos aventures de l'amitié combs-la-villo/ duderstadtienne : comme Christophe vous l'a dit (ben oui, parce que lui il ne se couche JAMAIS sans avoir fait son post Facebook, pas comme la feignasse que je suis), aucune des correspondantes de Coline n'était présente lors de notre passage, mais l'une d'elle avait organisé une rencontre à Stuttgart. Nous avons donc retrouvé Laura dans cette ville que nous ne connaissions absolument pas, mais que nous avons trouvé charmante, avec sa place du Château très animée, ses petites maisons à colombage et son Weissenburgpark, du haut duquel la vue était magnifique. Rattrapés par les événements internationaux, nous avons été à moitié pris dans une manifestation anti-talibans qui a passionné Christophe, transformé tout à coup en photographe de guerre... seul l'appel de notre bel hôtel climatisé a pu le décider à quitter les lieux.
Et nous voilà donc de retour en France, cher pays de mon enfance (enfin, presque), avec ses chauffards rageux, ses motards inconscients et ses guichetières hargneuses... ça fait du bien de rentrer !
Et pour célébrer dignement notre retour, rien de tel qu'une bonne petite crevaison de pneu juste avant le déjeuner, avec une météo automnale ! Que du bonheur !
22/08/2021 - Elodie

 18 Aug  Petite balade en montagne

Vous connaissez sûrement l'expression "c'est écrit avec les pieds", évoquant la piètre qualité d'un texte... et bien, quelle que soit votre opinion de mon style littéraire, s'il y a une expression que vous ne pourrez pas employer, c'est celle-ci ! Car mes doigts restent l'une des seules parties de mon corps qui fonctionne encore, et mes pieds seraient absolument incapables de faire quoi que ce soit d'autre qu'essayer de me maintenir en position verticale lorsque je le leur demande.

Et pourquoi donc ? me demandez-vous. En fait, absolument pas, vous savez très bien pourquoi je me trouve aujourd'hui dans une condition physique très diminuée, vous avez bien sûr lu entre les lignes de l'avant- dernier post de Christophe... oui, ENCORE UNE FOIS, nous nous sommes retrouvés dans une situation improbable, et ENCORE UNE FOIS, je peux vous jurer que ce n'était pas prévu ! Jugez un peu : ce périple estival intitulé "histoire et sensations" devait, dans mon idée, permettre de réunir dans un même voyage des activités en rapport avec l'histoire et d'autres à sensations...pas les 2 en même temps !

J'avais donc inclus dans notre planning une visite au "Nid d'aigle" d'Hitler, à Berchtesgaden. Les images vues dans Band of Brothers et les diverses descriptions et anecdotes glanées ici et là et partagées avaient mis l'eau à la bouche de tout le monde. Alors, pour resituer le cadre : Hitler avait une résidence de vacances, appelée le Berghof, à Berchtesgaden. Ce bâtiment fut détruit par les alliés en 1945. Le Nid d'aigle était un salon de thé et lieu de "représentation diplomatique" du parti nazi, surplombant les Alpes bavaroises. On y accédait selon tout un cérémonial qui existe encore aujourd'hui : un long tunnel mène à un ascenseur qui nous emporte au coeur du bâtiment, où l'on ne peut aujourd'hui qu'admirer une monumentale cheminée de marbre rouge que l'on dit offerte par Mussolini, et déjeuner dans un restaurant aux accents bavarois. Bref, une visite laissant peu de place à l'initiative personnelle, sauf pour  la question de l'accès à l'ascenseur : là, 2 possibilités : une randonnée de 4h aller/retour, un peu lassante car pratiquée sur un chemin bien damé, voire goudronné, ou un trajet en bus de 20 minutes pour la modique somme de... 25 euros par personne. Autant dire que notre choix fut vite fait : la rando !

Je terminai mon dernier post en évoquant les orages sur Salzbourg qui, bienvenus après la canicule, représentaient néanmoins une sérieuse source d'inquiétude pour moi par rapport à ce fameux projet de randonnée. Du coup, devant témoins (les enfants), j'ai fait promettre à Christophe que si le temps était trop incertain on renoncerait à la rando. Ce à quoi monsieur a répondu en haussant les épaules "comme si j'étais du genre à être inconscient !"... misère...

Nous partîmes donc avec de bonnes réserves d'eau, 2 paires de chaussures de marche (pour Christophe et moi, les enfants étaient en baskets), 6 shorts ( la canicule nous a un peu traumatisés, quand même) et 6 vêtements de pluie (au cas où, quand même...). Arrivés à destination, j'invite Christophe à rejoindre le centre de documentation de l'Obersalzberg que nous n'avons pas l'intention de visiter, d'autant que les bunkers sur lesquels il est édifié sont fermés !, mais qui se trouve être le point de départ de la randonnée. Et vous vous en doutez, mon invitation est accueillie et déclinée avec politesse, nous on n'a pas besoin d'aller avec la foule, on va se débrouiller, on n'est pas bêtes, en plus on a Google Maps et regarde, ça indique un chemin qui met 1h au lieu de 2 1/2 !!

Et donc, nous voilà partis, en tout droit à la scoute au milieu de la forêt, de la végétation hostile jusqu'au dessus des genoux (rappel : on est en shorts) et sous la pluie qui s'invite au bout d'1/4 d'heure. Bon c'est pas grave, on a l'habitude, les enfants ne bronchent pas, sauf Louis qui se fait mon porte-parole et exprime son peu d'enthousiasme. Christophe, lui, est tout content, on est tous seuls (tu m'étonnes), il ne fait pas trop chaud (tu m'étonnes), et la pluie lui permet d'étrenner la protection intégrée à son sac de drone (s'il n'y avait que ça pour lui faire plaisir, j'aurais pu mettre son sac sous la douche, hein...)

Bon, le temps passe, la pluie finit par nous quitter, mais les esprits s'échauffent (le mien en tous cas) jusqu'à une tentative de putsch qui se solde par un échec : mon désir de rejoindre le chemin "officiel" ne sera pas comblé... Du coup, mon cerveau se met en mode avion pour économiser mon énergie et obliger mon corps à se déplacer, car, croyez-moi ou pas, nous nous retrouvons en pleine montagne, à suivre un chemin emprunté par des chèvres suicidaires, sous un soleil qui commence à cogner (il est midi - nous marchons depuis 1h30), sans savoir où nous allons, les yeux rivés vers le sommet où l'on n'aperçoit pas âme qui vive, et accompagnés par une voix angoissante répétant, à intervalles réguliers, "signal GPS perdu"...

Là, mes enfants, prunelles de mes yeux et être étonnants s'il en est, passent en mode commando : Paul prend la tête de la colonne, suivi de près par Coline, tandis que Louis assiste Marion qui fait de son mieux pour tenir bon. Je dois le dire, j'ai eu (encore) de belles frayeurs et j'ai lutté pied à pied contre le découragement, essayant de profiter un peu des merveilleux paysages. Jusqu'à ce que mon coeur s'arrête en entendant une avalanche de cailloux juste à l'endroit où  se trouvait Paul : trop, c'est trop, là j'ai explosé comme une cocotte-minute, du coup l'univers s'est dit qu'il fallait peut-être arrêter les conneries et, comme par miracle, Coline (placée en tête pendant que Paul passait ses blessures au désinfectant) a déniché un petit chemin pour chèvres moins suicidaires qui nous a ramenés en pente raide vers le chemin de randonnée, que j'ai embrassé avec reconnaissance et émotion en y posant les pieds...

Je vous laisse imaginer le tableau : nous étions en nage, dégoûtants, épuisés par nos presque 3 heures de marche forcée, et nous voilà au milieu des cohortes de touristes montés en bus, tous frais et pimpants... pourtant, par un étonnant phénomène, nous retrouvons de l'énergie pour nous engager dans le fameux tunnel menant à l'ascenseur et accéder ainsi au Nid d'aigle tellement attendu...

La porte de l'ascenseur s'ouvre et nous tombons nez à nez avec la porte du restaurant... il est 13h30, nous sommes affamés, nous nous y engouffrons donc immédiatement pour engloutir saucisses, patates, choucroute et autre goulasch qui nous remettent d'aplomb. Vers la fin du repas, un frisson me parcours, et je constate que la température semble avoir chuté. Et là, en regardant par la fenêtre, nous constatons qu'il y a ... du brouillard ! Mais du brouillard, genre, les bords de la Tamise à Londres en février ! Nous quittons le restau et sortons sur le solarium qui n'a de solarium que le nom : il fait super froid, nous sommes les seuls nigauds en shorts, certains des visiteurs ont même des gants !!! Moi je ne ressemble à rien, mon coupe-vent descend plus bas que mon short, les garçons me disent que je ressemble à un Teletubbies...

Nous amorçons la descente sur le chemin de randonnée officiel (de toutes façons, vu mon état, Christophe n'ose pas proposer autre chose), mais aux 3/4 de la descente, un nouvel ami nous rejoint : l'orage !! Ben oui, celui qui m'a empêché de dormir la nuit précédente, celui qui n'avait pas été invité mais s'est bien incrusté ! Eclairs, tonnerre, vent, tout ça en plein milieu de la forêt : imaginez moi  là-dessous, je n'ai même pas la force de vous raconter mes émotions... Et puis enfin, nous sortons de la forêt et rejoignons la civilisation... et là, les cieux s'ouvrent et c'est le DELUGE !!!  Et on ne sait même pas trop où on est garés (puisque, je vous le rappelle, nous on ne fait jamais comme la foule !). Pauvres crevards que nous sommes, nous avançons dans les flaques d'eau, les jambes et les mains glacées... un pont nous offre un répit temporaire permettant à Christophe de localiser notre parking.. avant qu'une voiture passant à notre hauteur ne nous asperge copieusement ! Du coup, Christophe et Louis partent chercher notre arche en forme de Trafic, tandis que Paul veille sur les filles de la famille, de l'autre côté du pont pour éviter les éclaboussures !

Donc au final, plus de 4 heures de marche, 1000 mètres de dénivelés gravis puis redescendus, 2 belles discussions TRES VIVES entre l'homme et moi, une explosion d'amour maternel pour mes enfants qui ont affronté les orages (au sens propre et au sens figuré) avec détermination et  discrétion pour ne pas envenimer la situation...de la fierté aussi d'avoir fait ce truc impossible, mais quand même toujours cette lancinante question : POURQUOI ON NE PEUT JAMAIS FAIRE COMME LES AUTRES ???
 
A toute chose, malheur est bon : le lendemain, après un passage éclair dans le centre-ville de Salzburg, notre journal de voyage nous mène à Neuchwanstein, magnifique château perché qui aurait soi-disant inspiré Walt Disney pour la conception du château du premier  Disneyland en Californie. Le décollage est laborieux, nous ne pouvons que difficilement nous mouvoir et les escaliers sont nos pires ennemis ! Arrivés sur place, étonnamment, la proposition d'éviter la randonnée d'une heure en prenant la navette est acceptée avec enthousiasme par les enfants, et Christophe n'ose pas réveiller mon dragon intérieur qui s'est enfin endormi, et puis à 3 euros l'aller et retour la douloureuse n'est pas la même ! Donc, comme les autres couillons, nous déambulons calmement autour de l'édifice en nous émerveillant du paysage et de l'architecture monumentale du château.... des fois, ça fait du bien de faire comme les autres !
18/08/2021 - Elodie

 15 Aug  De Nordlingen à Salzbourg

Cette journée du 15 août s'achève pour nous dans une auberge de jeunesse, autant dire que le confort est spartiate, mais heureusement le plus important est là : il y a du Wi-Fi ! La dame de la réception a rigolé quand je lui ai demandé le code "pour les enfants"... étant de la même génération que moi, elle sait bien que pour les plus jeunes, "heart is where WiFi connects automatically" ("le coeur se trouve là où le WiFi se connecte automatiquement"), du coup, s'il n'y a pas de serviettes de toilette et qu'on doit faire les lits nous même, ce n'est pas grave... du moment qu'il y a du WiFiiiiiiii !!
Ce même WiFi me permettant de vous transmettre cette chronique, je ne vais pas en dire du mal...
Après notre belle découverte à Nuremberg, nous avons repris la route en direction de Munich, en faisant une halte par Nördlingen. Nördlingen, ses remparts, ses brasseries, ses portes médiévales... et sa réputation internationale de berceau de l'inspiration graphique de l'animé ( attention ! ne surtout pas dire "dessin animé" au risque de passer pour un ringard ! Une production en provenance du Japon où des dessins sont en mouvement ça s'appelle un animé, pas un DESSIN animé, allez savoir pourquoi !), bref, je reprends, berceau de l'inspiration graphique de l'animé (🤪 ) "l'attaque des Titans", dont Marion est une fan inconditionnelle, comme la plupart de ses copines.
C'est d'ailleurs elle qui nous a demandé s'il nous était possible de faire le détour par cette bourgade... prêts à tout pour notre progéniture, nous avons donc ajouté quelques dizaines de kilomètres au compteur déjà chargé et honoré le lieu de notre auguste présence familiale.
Nous avons amené avec nous une nouvelle amie rencontrée le matin : la canicule 🌞 ! Sympa, lumineuse, mais un peu collante... bon, elle a fait la visite avec nous, on ne pouvait pas lui en vouloir. On a réussi à la semer en visitant la belle église évangélique, mais on l'a vite retrouvée, notamment durant l'ascension des quelques 300 marches de la Tour Daniel. Là, vraiment, on se serait bien passé de sa compagnie !
Tout en haut de la tour, il y a un pauvre homme dont le métier est d'encaisser les quelques euros ouvrant l'accès à la terrasse d'observation. Depuis combien de jours, de mois, d'années, voire de siècles ! ce pauvre bougre vit-il ici, à 73 mètres au-dessus du sol, loin de ses congénères ? Nul ne le sait... toujours est-il qu'il saute sur toutes les occasions pour discuter le bout de gras, en allemand, en anglais, en français, en japonais et certainement en langue des signes mais là nous n'en avons pas été témoins... Dès qu'il a su la raison de notre visite ici (" notre fille est fan de l'attaque des titans"), il s'est rué sur le livre d'Or, obligeant une Marion pas très à l'aise à parcourir ledit grimoire pour découvrir les divers dessins inspirés de "l'animé" reproduits par les fans venus de "all over the world" nous a-t-il confié avec une certaine fierté, à croire qu'il y était pour quelque chose... sentant que nous allions avoir un peu de mal à nous débarrasser de ce brave homme, j'amorçai un discret mouvement vers la sortie
quand, certainement par un pouvoir de télépathie obscur, il a jeté son dévolu sur Christophe en lui disant (enfin, en lui baragouinant), photo et article de presse à l'appui, que la ville de Nördlingen était construite au milieu du plus grand cratère d'Europe, que c'était incroyable et tout et tout... au bout de 10 minutes, tout cela me faisant une belle jambe et craignant un déséquilibre esthétique entre mes 2 membres inférieurs, j'ai secoué Christophe de la transe dans laquelle il était entré et je me suis engouffrée dans l'escalier afin de soustraire ma famille à ce phénomène d'humanité certes fort sympathique, mais un peu flippant quand même....


Nous sommes ensuite parvenus à notre nouvel hôtel, et là, contrariété inattendue : notre copine collante la canicule avait réservé toutes les chambres !!! Ou au moins les 3 nôtres !! Et en sale égoïste qu'elle est, la climatisation n'avait pas été invitée...


Voilà pourquoi, après une nuit étouffante, nous sommes partis de bon matin pour une nouvelle étape
historique incontournable : la visite du Camp de concentration de Dachau. Grâce aux audio-guides, chacun a pu vivre la visite à son rythme, dans le calme et une sorte de recueillement particulier. J'ai gardé un oeil sur Coline qui appréhendait beaucoup cette visite, elle qui est obligée de sortir de cours, à la limite du malaise, lorsque des images des camps sont diffusées, ou qui a fait des cauchemars en étudiant des oeuvres portant sur ce sujet... mais l'atmosphère du lieu (et l'évitement stratégique de certains
éléments) lui a permis de gérer ses émotions et de profiter de ce lieu de mémoire, qui restera un souvenir fort de ces vacances... Terrible échelle à laquelle mesurer notre propres problèmes, horreur de l'inhumanité de certains hommes envers
d'autres, et humilité face au courage et à la dignité de ceux qui ont subi ce système, et qui le subissent encore dans certaines parties du globe, sans que nos médias ne s'en fassent les relais... Ma difficulté à m'autoriser la rédaction de cette petite chronique sans grande profondeur est très liée à cette visite intense, d'où mon silence de plusieurs jours...
Evidemment, comme nous nous y attendions, la canicule s'est fait plus insistante après le déjeuner, nous avons donc reporté notre visite de Munich et jeté notre dévolu sur une piscine avoisinante, pourvue de plusieurs bassins, de toboggans et d'un plongeoir à plusieurs niveaux. Tandis que Marion usait son maillot dans les toboggans, essayant de battre son record de descente chronométrée, les autres membres de la famille usaient leur dos et leurs abdos au plongeoir, alternant gracieuses figures artistiques et plats monumentaux et sonores. Quant à moi, je philosophais sur le sens de la vie (comprendre : je bouquinais tranquille sur mon transat), essayant de résister à la pression de Christophe qui me demandait de prendre des photos alors que c'était VERBOTEN (interdit). Du coup, je n'ai qu'un pauvre cliché avec mon pied en gros plan, voyant cela Christophe a pris les choses en main et a monté tout un stratagème pour obtenir les clichés convoités... quel délinquant, international en plus !
Nous avons de nouveau passé la nuit avec la canicule, ainsi que toute la journée du lendemain lors de notre visite de Munich. Belle ville qui nous a rappelé un peu les beaux quartiers de Bruxelles (enfin, sans la pluie !), avec des terrasses combles où les consommateurs sont à touche/touche et les distanciations sociales une belle utopie, mais où l'accès aux commerces est astreint au port du masque FFP2 exclusivement, que nos, pauvres français, ne possédions pas ! Nous avons donc dû investir dans un lot, moyennant une coquette somme... un signe extérieur de richesse sans aucun doute !
Après le dîner dans une brasserie typique, où nous avons encore eu droit au drôle de regard lorsque nous avons décliné la bière, nous avons retrouvé notre hôtel-étuve pour une ultime nuit.
Enfin, ce matin, nous avons fêté l'Assomption dans la paroisse francophone de Munich, avec un prêtre et une chorale africains... l'Europe est une terre de missions aujourd'hui ! Impossible de trouver des pâtisseries pour la fête de notre Marion, donc nous prenons la route en direction de Salzburg, toujours accompagnés de notre fidèle canicule qui ne nous quitte plus !
Timing parfait et conduite impeccable, nous arrivons à l'hôtel à 15h30...et le check-in n'a lieu qu'à 17h (😰) ! Nous cherchons donc comment tuer l'heure et demie qui reste et nous mettons en quête d'un lac annoncé comme "ouvert à la baignade". En fait de lac, nous ne trouvons, après nous être fourvoyés dans un chemin sans doute réservé aux serial killers et autres psychopathes asociaux dont nous n'avons pu nous échapper qu'en prenant d'assaut une barrière, qu'une sorte de grande étendue liquide d'une couleur indéfinissable...bon, rigolade et retour à l'hôtel par le chemin des écoliers, pour attendre l'heure H à l'ombre des arbres...
Comme je l'ai dit, l'hôtel est très propre mais spartiate, donc évidemment non climatisé. Le plan d'action est donc simple : à la douche tout le monde, puis chercher refuge dans un restau climatisé... mais entre temps, un nouveau
compagnon apparaît : un orage monumental qui fait décroitre la luminosité et la température en moins de temps qu'il ne m'en faut pour dire "heureusement qu'on n'est pas en camping !!!" Du coup, nous avons pu nous offrir une petite soirée jeux dans une chambre à la température agréable, et la nuit s'annonce plus "cool" que les précédentes...même si les alertes orageuses prévues pour demain, alors que nous avions prévu de randonner, risquent de m'empêcher de dormir !

Les albums sont ici : Nordlingen, Dachau, Munich, Salzbourg

15/08/2021 - Christophe

 11 Aug  Les correspondants

Encore un jour, encore un soir...du fin fond de l'Etrangie germanique, je vous donne des nouvelles, preuve que je survis à ces vacances toujours pleines de rebondissements...

Mon silence des derniers jours trouve son explication dans ce que Christophe a qualifié de "soirée complètement surnaturelle", à savoir notre rencontre avec les familles des correspondants de Louis et Paul à Duderstadt. Pour Christophe, vous l'avez compris, cet événement était attendu avec une impatience difficilement conrtôlable, lui qui aime tellement partager ce que ses enfants peuvent vivre, et rencontrer des gens de tout bord pour parfaire son expertise en humanité... mais moi, je ne suis pas DU TOUT comme ça.

Moi, j'aime pas les gens ( Laurence, tu me comprends) et surtout je n'aime pas les situations dans lesquelles je n'ai pas de contrôle (enfin ! relisez l'histoire des tandems d'Amsterdam !), comme la rencontre avec des gens qui parlent un étranger que je ne pratique pas... autant dire que j'ai tout fait pour essayer de dissuader Christophe d'organiser cette rencontre (pour laquelle, je dois le dire, il avait également invité 2 autres familles, celles des correspondantes de Coline !!!!! Mais ouf🙄, il y a un bon Dieu, ces braves gens étaient en vacances !).N'ayant manifestement pas eu gain de cause, j'ai espéré jusqu'à la dernière minute que Louis fasse une allergie, que Paul prenne un mauvais coup de soleil, que Coline soit malade, que Marion fasse une indigestion (là on est dans la science-fiction totale mais âme désespérée n'a pas de limite !), voire même que Duderstadt soit placée en quarantaine pour cluster, mais rien n'y a fait...
Autant dire que c'est avec une boule au ventre que j'ai regardé le temps passer, profitant à peine des beautés de cette magnifique ville médiévale ( dans laquelle je n'ai d'ailleurs pris aucune photo !), ou subissant sans frémir la honte causée par Christophe demandant à la
mamie de la boulangerie de lui préparer le sandwich qu'elle préférait, comme si la brave dame n'avait que ça à faire de satisfaire les envies d'un hurluberlu d'outre-Rhin... je suis sûre qu'elle a craché dans le casse-croûte, mais bon il était TELLEMENT content ! Conscient de mon mal-être grandissant, Christophe a essayé d'adoucir ma peine en payant l'entrée du musée de la ville... 20 minutes avant la fermeture. Bon, que des trucs incompréhensibles en allemand, accès au donjon avec vue panoramique sur la ville... fermé !, mais accès possible à la salle de torture du sous-sol, visite tout à fait de criconstance vous en conviendrez.

Mais finalement il fut temps de partir retrouver la famille de Simon qui nous attendait chez eux. Des gens charmants, vraiment, qui avaient sorti toute leur cave à bière pour nous (sorry les amis !) et préparé 2 énormes gâteaux... auxquels la politesse nous intimait l'ordre de goûter. Je dois avouer que je me sentais comme Iago, l'oiseau de Jafar dans Aladdin, que le sultan bourre de biscuits et qui n'ose rien dire... une bonne partie de mon énergie a été consacrée à éviter de croiser le regard de mes enfants, car je craignais d'éclater d'un rire nerveux et incontrôlable ! Mais au final ce furent de très bons moments, des échanges en allemand (pour lesquels l'aide de mes 3 germanistes a été précieuse !), en anglais, en français et en langue des signes, des beaux éclats de rire, pour découvrir comment les allemands ont fait face à la pandémie, quelle vision ils ont de la France, comment ils immatriculent leurs voitures (et ça c'est excellent !)...
Quant au dîner avec le correspondant de Louis et sa famille, ce fut aussi une occasion de partage très intéressante, nous avons évoqué le passé plus ou moins lointain, la guerre, la réunification allemande, et là encore les enfants ont montré leurs talents de traducteurs, les garçons communiquant essentiellement en anglais avec les jeunes, et Coline considérée comme traductrice officielle de franco-germanique avec les adultes. Le soir, je me suis couchée avec la satisfaction du devoir accompli, mais surtout le plaisir de ces rencontres étonnantes... maintenant, vite, je retourne dans ma grotte !!!

Le lendemain, nous avons suivi les conseils de nos amis allemands pour visiter un
musée relatif à la frontière entre les 2 Allemagnes. Marion ne comprenait rien, les autres, qui ont pourtant étudié ça en histoire, ont été aussi impressionnés que nous.Parenthèse historique imprévue mais passionnante, à l'issue de laquelle Christophe a décidé de se mutiler le pouce avec son drone histoire de garder un souvenir "incarné"... tout pour se faire remarquer !

Depuis hier, nous sommes à Nuremberg, et notre visite d'aujourd'hui nous pousse à vous inviter à venir y séjourner ! C'est une ville médiévale elle aussi magnifique et typique, où l'ambiance est très détendue et agréable. Mais c'est aussi évidemment une ville historiquement très connotée, puisque c'est là que se tenaient les congrès du parti Nazi dès 1927, et jusqu'au milieu de la guerre. Du coup, des constructions monumentales ont été réalisée, à l'image de la mégalomanie d'Hitler, et les vestiges préservés qu'il en reste
témoignent de cette folie démesurée qui a mené le monde dans le chaos que nous connaissons tous. A notre grande déception, le Centre de Documentation du Parti Nazi était fermé pour rénovation, nous avons dû nous contenter de l'exposition temporaire sur la montée du Nazisme et ses violences, mais cela a déjà permis de donner à Marion une vision plus précise des événements, et les discussions ont été riches. Nous avons hésité à visiter le Palais de Justice où se sont tenus après-guerre les fameux "procès de Nuremberg" où les termes de "crime contre l'humanité" ont été employés pour la première fois, mais nous
avons eu pitié de Marion et avons plutôt décidé d'explorer la ville, sous un soleil estival bienvenu. La quête d'un goûter a été le fil conducteur d'une bonne partie de l'après midi : miss Marion la difficile voulait un donut, et malgré les 427 boulangeries, bistrots et autres Starbucks visités, impossible de dénicher ce truc ! Jusqu'à ce que nos pas nous mènent devant....le " Royal Donut" ! Autant vous dire que là, les vitrines débordent de donuts 🍩, tous plus appétissants les uns que les autres : au chocolat, à la fraise, à la pistache, avec des fruits, avec des guimauves, avec de la chantilly, avec des Smarties, des Oreos, des Kinder Buenos.... bref, un coma diabétique rien qu'en regardant les étalages. Et bien, après toutes ces heures de recherche infructueuse, ma princesse a été récompensée et a pu repartir fièrement avec son
donut...nature 😳 ! La tête de la vendeuse quand je lui ai demandé " a plain donut without any topping, bitte" (" un donut nature sans aucun nappage, s'il vous plaît") !

Après avoir flâné et dîné dans la vieille ville, nous avons laissé l'insouciance du moment s'emparer de nous et avons décider d'effectuer le retour à l'hôtel en trottinettes électriques : rigolade assurée sur ces engins très adaptés à ma progéniture furtive et mon casse-cou de mari, et je ne me suis même pas évanouie quand Christophe s'est élancé dans le sprint final en prenant un raccourci pour coiffer les enfants au poteau devant l'hôtel !!

Les albums sont : ici,

11/08/2021 - Christophe

 08 Aug  Base Camp

Bonne soirée à vous qui me lisez de France ou d'ailleurs ! I'm back ("je suis de retour!") ! Après ce malencontreux épisode nauséeux qui m'a joliment gâché notre aventure phantasialandesque, me voilà prête à vivre pleinement la suite de ces vacances !
Merci de l'accueil que vous avez réservé à la prose de mes filles, qui rosissent de plaisir à chaque commentaire... je vais devoir m'accrocher à mon clavier ( qui s'est d'ailleurs décidé tout seul à rebasculer en azerty, allez comprendre...)
Donc vendredi soir je me suis couchée avec l'espoir qu'une bonne nuit de sommeil dans notre chambre ultra classe me remettrait d'aplomb pour le lendemain. Las, il n'en fut rien !! Les nausées furent mes compagnes nocturnes, et le jour m'a trouvé épuisée ! Tant pis, quand on est mère de famille on y va commando, donc la journée suivante a été un exemple de maîtrise pour garder à l'intérieur de moi ce qui devait y rester et profiter quand même des attractions incroyables du parc, dont le fameux FLY tant apprécié des enfants....
Vers la fin de la journée, enfin, j'ai commencé à sentir que tous mes organes étaient sous contrôle...ouf ! De quoi envisager la suite du périple sereinement et avancer avec confiance vers l'étape suivante... une vraie "étape", pause d'une nuit sur la route, pour laquelle il nous suffisait de trouver 6 lits et un toit... et voilà comment nous nous sommes retrouvés à Bonn, où les hôtels sont pléthore, mais où évidemment il fallait bien trouver quelque chose à raconter... qui, parmi vous, se souvient de notre nuit au Rustic Oasis Motel en 2017, en pleine vallée de la Mort  ??? Et bien, c'était du même acabit... nous avons débarqué dans un campement pour hippies attardés, un hangar rempli de caravanes et de wagons-lits constituant les diverses chambres d'hôtel....très atypique !
Nous avions réservé 3 "compartiments" de 2 couchettes... par sécurité, parce que je dois dire qu'on se croyait un peu dans un épisode de Walking Dead et que je m'attendais à voir surgir des zombies dévoreurs de chair humaine à tout moment, j'ai supplié les garçons de se séparer pour veiller sur leurs soeurs pendant la nuit (oui, elles auraient pu dormir aussi avec Christophe et moi, mais moi j'avais peur et il fallait bien que Christophe soit fidèle à sa promesse de me protéger toujours !) . Donc nous prenons possession de nos quartiers, 0,5m2 pour 2, une mini fenêtre qui ne s'ouvre pas, pas de place pour les valises... un vrai voyage en train de nuit quoi ! J'emmène les filles découvrir 
le bloc sanitaire... nous on a un lourd passé de campeurs, on en a vu de toutes les couleurs dans les sanitaires donc rien ne nous fait peur ! Mais ça, on ne l'avait jamais vu : les douches n'ont pas de porte, juste un rideau ! C'est peace and love, mon frère (ou ma soeur, en l'occurrence !) Pudeur et intimité, reculez ! Ici, la nature est reine et on lui rend hommage en l'exhibant !! 
Bref, je prends mon courage à 2 mains pour utiliser les douches, mais je déconseille à mes filles de le faire, une toilette rapide ça ira bien, on se rattrapera dans le prochain hôtel !
Je m'apprête à goûter enfin un sommeil mérité, avant lequel je me plie au rituel du bisou du soir à ma progéniture, toute à la joie de m'allonger enfin... Sauf que... sauf que.... nous venions de passer la journée dans un parc d'attraction avec sensations (donc suées froides), soleil (donc suées chaudes) et activités aquatiques (donc douche tout habillés)... ce qui fait que lorsque j'ai ouvert la porte du compartiment d'un des duos, la réalité m'a frappée : mes enfants étaient devenus des zombies  en décomposition !!!! L'odeur, mon Dieu, l'odeur !!! Chaussettes mouillées, pieds sales, chaussures détrempées, transpiration... sans oublier le déo vaporisé par dessus parce qu'eux-mêmes étaient indisposés par leur propre fumet !!!!
Crise de rigolade assurée, mais surtout soulagement de ne pas dormir avec eux (parce que Christophe, lui aussi en mode warrior, s'était douché !!!)
Sur ce, extinction des feux à 23h30...et j'ai couru après Morphée (qui avait fui, sans doute affolé par l'odeur !) jusqu'à 2h du matin, heure à laquelle je me suis enfin écroulée, bercée par les ronflements de Christophe, mais aussi des voisins de droite ET de gauche, en décalé évidemment !!!
Bref, dès le réveil, les garçons se sont précipités à la douche, Louis tombant nez à nez (enfin, nez à .. vous comprenez) avec un spécimen masculin arborant fièrement ses attributs, créant chez mon aîné une panne d'appétit pour le petit déjeuner...

Mais ça y est, tout ça c'est du passé, nous voilà à Göttingen après un passage par Limburg où le papi de Christophe avait été prisonnier dans un Stalag pendant 5 ans... de ce lieu, il ne reste plus rien, seules de vieilles photos sur internet rappellent que certains ont vécu ici entre parenthèses plusieurs années de leur vie...



Et à présent nous savourons le plaisir d'un hôtel propre, calme, avec une piscine privée car il faut la réserver, Covid oblige ! Et on en a bien profité !
Demain sera un autre jour... et cette nuit, je l'espère, une VRAIE nuit !!

Les photos sont ici : Album

08/08/2021 - Christophe

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