La chronique d'Elodie - Mai / Juin 2014

On le suit. On vient à sa rencontre.
Depuis qu'il a quitté le bâtiment aux cinq portiques, cette piscine de Besatha, qu'il marche vers la Galilée, les foules l'accompagnent ou l'accueillent.
On tend vers lui les nouveaux-nés malades, on pousse et on porte les vieux grabataires, on guide les aveugles. On le supplie de les guérir.
Et il le fait sans que jamais se tarisse cette source de souffrance qu'est la vie humaine.
Il plonge le regard dans les yeux de ces hommes et de ces femmes en proie à la douleur, qui n'efface pas, au fond de leurs prunelles et de leurs âmes, l'espérance. Et pourtant, si rares parmi eux, ceux qui connaissent la loi !
Ni membres du Sanhédrin, ni grands prêtres, ni rabbins, si peu de puissants et de riches. Jamais de chefs. […]
Aimer.
Ce petit mot, Jésus le sent grandir en lui jusqu'à envahir tout son corps, toute son âme, alors qu'en compagnie de ses apôtres il marche dans la province de Tyr et de Sidon, cette Phénicie païenne.
Ici, on n'est plus en terre d'Israël. Une femme, les bras levés au-dessus de la tête, crie, supplie Jésus. Ce n'est point une brebis égarée qu'il faut ramener au bercail, mais une païenne.  […]
Aimer l'homme et la femme, quels qu'ils soient et d'où qu'ils viennent.

Max Gallo, Jésus l'homme qui était Dieu

Une lecture de hasard, accrochée par le titre au présentoir de la petite librairie du coin de l'école où je me ravitaille en bâtons de colle, gommes et crayons à papier pour fournir, parmi mes élèves, ceux qui n'ont plus rien dans leur trousse…
Une lecture poignante, forte, pourtant une histoire dont je connais déjà la fin, fin qui est commencement, renouvellement, " résurrection "…
Une lecture bouleversante, qui prend un nouveau reflet en se frottant à la rugosité de nos vies humaines et de leurs trépidations insignifiantes, et pourtant ô combien éprouvantes… A travers ce Jésus, Dieu que Max Gallo nous présente si homme, le visage de tous ceux qui, depuis deux millénaires, sont l'Eglise qu'Il souhaite ; en ce moment, profondément, l'image  et le sourire de notre cher père José, compagnon, guide, frère, " père " auprès de nous depuis 16 ans, et qui s'apprête à rejoindre la mission qui l'appelle ailleurs…
Déchirement égoïste, inquiétude de la petite fille qui sommeille en moi face au départ d'une autre figure si solide dans ma vie, roc et repère…
Puisque tu pars José, sache que tu as marqué notre famille par ton message d'amour, que tu as été, dès le départ, un " homme de communion ", et que l'exemple d'accueil, de tolérance, d'amour et d'attention envers les plus pauvres et les plus petits, ce message résonnera toujours en nous et en nos enfants… comment pourrons-nous te remercier d'avoir su, patiemment et doucement, nous enseigner cela, ce regard  patient et positif sur l'autre, cet accueil souriant, ce désir d'être le prochain de ton frère, n'hésitant pas à rappeler, par ton exemple, que la Loi est faite pour l'homme et non pas l'homme pour la Loi… 
En union de prière plus que jamais, nous te gardons au cœur et te confions à l'infinie tendresse du Père…

Mai en vitesse

Inauguré par notre 20° anniversaire de fiançailles, le mois de mai nous a offert de belles journées ensoleillées. De quoi partir à la conquête de nouvelles géocaches autour du château de Vaux-le-Vicomte, pour profiter des paysages, de mamie, du calme des sous-bois, des fleurs sauvages, de la joie d'avoir des frères et des sœurs
Le week-end suivant, le printemps s'était sauvé, et c'est sous la pluie que nous avons débuté notre week-end de fin d'année d'aumônerie. Les jeunes étaient là, les plus petits aussi ! Nous avons joué, chanté, partagé, marché, et un tout petit peu dormi… Dur dur car on n'a plus 15 ans, mais quelle joie de profiter de ces moments-là, surtout quand le soleil a fini par revenir ! Merci les jeunes, rendez-vous l'an prochain !
Le 16, j'ai fêté le dernier anniversaire de cette décennie, amputée de mon Louis qui fraternisait avec son correspondant allemand de l'autre côté du Rhin…
Le 23, c'est notre puce jolie qui soufflait ses bougies en famille, avant de célébrer tout ça avec ses copains au laser game puis à la maison où le gâteau souriceau les attendait… Joyeux anniversaire ma Coccinelle, ma fée du vent, ma dompteuse de licornes… que cette nouvelle année, dernière d'une décennie pour toi aussi !, te soit douce et t'apporte autant de joie que tu nous en donnes….
Et puis, à la toute fin de mois, le grand événement a été la première communion de Coline. Toute belle, coiffée et en robe pour l'occasion, si attentive, si pressée, si sensible à l'importance de cette journée… Première des communions entourée des fidèles de toujours (merci à eux, à vous, d'être là, à temps, à contre-temps, malgré le tourbillon de vos vies..) et, encore une fois, du pasteur de notre petite église… nouvelle photo dans l'album de notre vie " ensemble "… merci, José….

Juin sur la lancée

Juste le temps de recharger le frigo, et nous étions de nouveau à la fête avec la profession de foi de Paul. Une belle messe enlevée grâce à la complicité et au talent de nos amis musiciens, merci à chacun d'avoir affronté l'heure matinale pour offrir aux jeunes cette belle célébration… Comment ne pas te louer, Seigneur Jésus ? De retour à la maison, Paul a daigné garder son aube pour se prêter au jeu des photos, mais aussi tenter de s'imposer physiquement face à son parrain (non mais, presque 13 ans quand même !)… mais c'était raté ! Nous avions la joie de partager la fête avec Audrey, la fille de la marraine de Paul (vous suivez ?) qui " professait " elle aussi… et les voilà, nos deux vedettes ! Un rayon de soleil nous a même permis de prendre une photo de famille, ça sert à ça les fêtes, à faire un arrêt sur image de temps en temps…. Merci Laurence et Laurent pour votre présence auprès de Paul, pour son sourire et le chemin parcouru depuis si longtemps….
Marion ne voulant pas être en reste, nous avons organisé un petit week-end cool avec son parrainsa parraineAnaïs et Mathilde, histoire de prendre des nouvelles et des photos… Une ballade " aux chevaux " sous un joli soleil, ça nous fait croire qu'on vit à la campagne ! Et une partie de " Batawaf ", ça aide à apprendre à perdre… ou à gagner !

Le temps des fêtes

Fête de l'école de Marion, pour commencer. Petite saynète en costumes, notre choupette trop mimi et très concentrée… ultime fête de maternelle, gloups…. Et pour l'occasion, un petit retour vers la dernière fête de maternelle de Louis en 2005, de Paul en 2007 et de Coline en 2011… Où sont passées toutes ces années ?
Fête de la musique pour poursuivre, avec un concert ensoleillé tout près de chez nous, où Marion a joué les stars avant de participer activement au spectacle !
Fête du judo ensuite, où notre grand Paul a obtenu sa ceinture orange, cherchant à terrasser son prof ! Y'a encore du boulot !
Gala de danse de Coline, notre belle rebelle si concentrée, complètement dans son élément dans ce style de danse… que du bonheur, sauf pour les genouillères qui ont souffert tout au long de l'année ! Occasion pour nous d'applaudir aussi Eva et Clémence, et de découvrir les talents de chanteuse de Lucie, privée de chorégraphie pour cause de patte folle…. Bravo les filles !
Traditionnelle sortie des JMJ aux Sables du Cul de chien à Fontainebleau, sous un soleil écrasant… Des rochers,  des copains, un chien,  un pique-nique… le bonheur, si je veux…
Le 23, nouvelles bougies pour Christophe… joyeux anniversaire " mari de moi ", toujours aussi présent, toujours aussi précieux… Je t'aime.
Le 24, après le spectacle de mes élèves (et leur grand succès !), nous avons fêté les 13 ans de Paul… mon rêveur toujours aussi tendre, plein d'humour, soupe au lait comme sa mère, ingénieux comme son père… Joyeux anniversaire mon prince, le montage photo que tu m'as offert reste l'un des plus beaux cadeaux que j'aie jamais reçu… garde tes rêves, ton innocence, ta différence… mon Polichinelle de lumière….
Le 25, après quelques mois d'abstinence, nous avons replongé…. au cœur de Disney. Nouveaux passeports, nouvelles aventures en perspective ! Et grand bonheur familial !
Quelques jours de calme, puis le grand week-end de clôture : fête de l'école de Coline, nouvelle danse et même enthousiasme ! Pour nous, au boulot : crêpes et barbecue pour contribuer à la réussite de la fête malgré la pluie !
Récital de clarinette pour enchanter nos oreilles, des morceaux encore débutants et d'autres plus affirmés… 
Et enfin, avant que la chape de fatigue ne s'abatte sur nous, gala de Marion et Louis... une danseuse, un jongleur, deux artistes parmi les autres…
Alors comme tous les ans, un IMMENSE merci et bravo aux professeurs en tout genre qui donnent du temps, du talent et de l'énergie pour que nous, parents, puissions admirer nos enfants dans ce qu'ils savent créer, produire, montrer ! 

Des retrouvailles éclair !

Puis, l'automne est arrivé… un cortège d'orages impressionnants, ravissant uniquement l'appareil photo de Christophe, nous contraignant à rester enfermés pour ne pas être trempés….
Meilleur moment donc pour organiser une retrouvaille de la fratrie ! Et donc rassembler les 10 cousins, sans pouvoir les mettre dehors !
Temps pourri, mais formidable journée, tous les enfants ont été adorables, et nous étions si heureux de retrouver la jolie Mia que nous n'avions pas vue depuis 2 ans ½ ! Craquante petite nièce (denrée fort rare de mon côté de la famille !), copine parfaite pour Marion puisqu'elles sont vite tombées ensemble dans le coffre à déguisements ! Un Baptistou trop chouchou, un Maximinou rigolo, un TomTom  passionné de Légos, un Lucas et un Elliot discrets et … " connectés "…. Bref, mes enfants ravis, et un petit goût de revenez-y pour nous….

Quand vient le temps des vacances…

Le sable semble s'écouler moins vite pour égrainer le temps qui passe… On a du temps, on a le temps de jouer, de lire, de jouer encore… et de lire encore, le soir, au coucher… ce qui permet de tomber sur des pépites que je ne peux vous cacher.
La scène se déroule un soir (de vacances) banal, une maman et sa très jolie petite Younette partagent un câlin sur le lit de la demoiselle, qui vient de choisir une lecture édifiante : Martine à la maison.
Pour mémoire, je m'étais déjà insurgée contre Martine en voyage où un certain relent de racisme et d'infériorisation de la caste noire m'avait choquée. Mais bon,  Martine c'est un classique et Marion adore ses petites robes à dentelles et ses fichus noués sur la tête.
Donc, Martine à la maison. Premières lignes du texte : Maman est sortie (comment ? les femmes avaient le droit de quitter le foyer familial en ce temps-là ???), du coup Martine et son frère Jean s'ennuient (ben oui, y'a ni télé ni console dans cette maison !), mais ils s'ennuient proprement, hein, Martine est allongée négligemment (mais très posément) sur le canapé, tandis que Jean s'appuie à la fenêtre (mais pas sur les carreaux impeccables, bien sûr !). Et donc ils s'ennuient… et donc ils décident de s'occuper… oui, comme mes propres enfants quand ils s'ennuient, ils décident de s'occuper aussi ! En général ça finit en bataille de Nerfs à travers la maison, toutes sirènes hurlantes, ou en bombardements via avions en papier (et destruction de ma réserve de feuilles de brouillon), ou en cache-cache apportant souvent son lot de dégondage de portes de placards et autres effondrements de penderie… Enfin bon bref, Martine et Jean s'ennuient, et je m'interroge déjà sur le genre de…  comment dire… " sottises " qu'ils vont bien pouvoir inventer, les angelots !!!
Et bien je vous le donne en mille ! en deux mille ! savez ce qu'ils font, chez Martine, les gamins, quand ils s'ennuient ?? Je vous cite, pour ne pas perdre la substantifique moëlle de ce monument de littérature enfantine :
- Eh bien, nous allons faire une surprise à maman, dit Martine.
- Tu as raison. (Déjà, c'est louche, le frère qui est tout de suite d'accord avec sa sœur, moi je trouve ça bizarre. Y'a mammouth sous roche). Nettoyons la maison.
….
NETTOYONS LA MAISON ! Non mais allô, quoi ! On a 8 et 9 ans, on s'ennuie, ah oui tiens hop là, super jeu, NETTOYONS LA MAISON !!!! Et attention, chez Martine, quand on nettoie, c'est pas un pauvre coup d'aspi vite fait les yeux fermés, ah non ! C'est aspirateur + récurage du carrelage de la cuisine A LA BROSSE (Cosette, sors de ce corps !) + lessive " avec la lessiveuse de maman, c'est l'affaire de quelques minutes " (alors que mes grands gaillards ne savent pas où se trouve le bouton marche/arrêt de ma super machine à laver intelligente plus ultra !) + cirage des chaussures ! y compris les bottes de jardin de papa (illustration à l'appui !) + vaisselle AVEC LE SOURIRE car, comme le dit le texte, " c'est amusant de faire la vaisselle " + dépendage du linge car il pleut (ce qui implique 1/ de savoir qu'il y avait du linge qui séchait 2/ de faire attention au temps qu'il fait 3/ d'avoir la présence d'esprit se sortir sauver le linge - et donc de le remettre à sécher dedans, hein…. Non mais c'est quoi cette histoire de science-fiction là ???), et enfin, last but not least, préparation du repas (of course !). 
Toi, quand tu t'absentes, tu prévois au menu cordons-bleus/ salade de tomates, tu programmes le four pour qu'il cuise les cordons-bleus tout seul, tu sors les tomates, tu les laves, tu sors la planche à découper, le couteau qui coupe tout mais pas les doigts, le saladier et la sauce crudités, tu laisses les instructions à tout le monde (y'en a bien un qui va se rappeler de quelque chose)…. Et quand tu reviens, il ne reste plus de cordons bleus, ils ont tout mangé y compris celui qui était censé être pour toi, le saladier, le couteau et la planche à découper sont nickel, et il n'y a pas une assiette sale dans le lave-vaisselle… tu comprends vite : ils se sont fait un pique-nique télé en mangeant le cordon bleu à la main comme un sandwich et les tomates à la croque au sel, ça ira bien…. Pas d'vaisselle m'sieur dame ! Chez toi aussi c'est comme ça ?
Et ben chez la mère à Martine (c'est fait exprès, Yves), c'est pas comme ça ! Chez la mère à Martine, Martine prépare un potage et une viande en sauce qu'elle ne laisse pas brûler parce que " c'est maman qui serait fâchée ! ". Et pendant ce temps, Jean, le brave Jeannot qui a l'air d'avoir à peine enlevé ses couches, " est occupé à lire le livre de cuisine " (déjà, c'est irréel) et devinez, non mais devinez un peu ce qu'il prépare pour le dessert ?? Chez moi, mon Paul, notre petit cuistot d'amour, a une spécialité : le brownie recette Jacqueline. Inratable, super bon, excellent, valeur sûre. J'suis déjà super fière quand il en fait et qu'on reçoit du monde qui le complimente. Mais alors le Jean, comment il le met misère, mon Paul ! Parce que lui, le Jean, il te fait…. des profiteroles au chocolat !!! Non mais sérieux, la recette tu fais ça quand t'es en vingt-troisième  année ou alors quand t'es inconscient… Et avec lui, ça marche ! Des beaux choux, bien dorés, bien gonflés, et un coulis de chocolat que t'as envie de lécher le livre ! Et tout ça, SANS TABLIER, et SANS UNE SEULE TACHE SUR SON BEAU PETIT PULL JAUNE !! Ben oui, bien sûr parce que sinon " c'est maman qui serait fâchée ! "
Là, tu termines l'histoire avec l'arrivée de la maman qui ne s'évanouit même pas de voir ça ! Et la morale édifiante de l'histoire : " Voilà pourquoi Martine et Jean sont toujours sages à la maison quand maman n'y est pas ". Toi tu te rends compte que tu as un tic nerveux et un rire hystérique qui monte dans ta poitrine, tandis que ta Marionnette contemple de toute la force de ses yeux binocleux la beeeeeelle image où Martine dévoile innocemment son petit jupon……
Et tu te dis que c'est beau l'enfance, on peut vraiment leur faire croire n'importe quoi ! Et tu n'as plus qu'à ruminer pour savoir ce que tu as bien pu rater dans l'éducation de tes enfants….
En attendant de trouver la réponse, je vous souhaite un bel été, ensoleillé de l'intérieur si ce n'est ailleurs !

Retour de potins ?

Ca faisait un moment qu'il n'y avait plus réellement d'annonce dans cette chronique, Anne-Sophie et Rémi ont décidé de remédier à cela... félicitations à eux pour ce n°5 en préparation !
Et pour finir, une nouvelle dédicace toute fraîche plein de félicitations pour ma soeurette Laure qui vient d'obtenir son concours, avec les honneurs ! Après ces mois difficiles, ces craintes, ces nuits agitées, voilà tu y es, une nouvelle vie commence et l'avenir s'annonce radieux ! Bravo ! 

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Allez, je serais le premier à poster mais j'en pleure encore de rire... Merci à toi ma p'tite femme pour ce temps consacré à transcrire avec ton regard pétillant et ta plume qui glisse les aventures de notre tribu... depuis bientôt 13 ans ! Moi aussi je t'aime... :-)
2014-07-16 - Christophe

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