La chronique d'Elodie - janvier 12

Bon appétit, messieurs ! Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
De servir, serviteurs qui pillez la maison ![...]
Donc vous n'avez ici pas d'autres intérêts
Que remplir votre poche et vous enfuir après ![...]
Et vous osez ! ... – messieurs, en vingt ans, songez-y,
Le peuple, – j'en ai fait le compte, et c'est ainsi ! –
Portant sa charge énorme et sous laquelle il ploie,
Pour vous, pour vos plaisirs, pour vos filles de joie,
Le peuple misérable, et qu'on pressure encor,
A sué quatre cent trente millions d'or !
Et ce n'est pas assez ! Et vous voulez, mes maîtres ! ...
Ah ! J'ai honte pour vous !
Victor Hugo  Ruy Blas


1838... un texte qui date de 1838... ou d'aujourd'hui peut-être ? Alors que les candidats à l'élection présidentielle commencent à se faire voir  et entendre, en quête de se faire élire,  comment ne pas se demander quel homme politique aura l'humilité de Salomon demandant à Dieu non pas "une longue vie, ni les richesses, ni la mort de [ses] ennemis", mais "un coeur intelligent pour [...]discerner le bien du mal" et gouverner correctement ceux qui lui sont confiés ?  Quel parti, quelle organisation mettra enfin en premier lieu la personne humaine, pour considérer qu'il faut aller vers  le mieux, et non pas régresser vers des modèles économiques certes flamboyants sur le plan économique, mais dramatiques et terribles pour les hommes qui le composent ?
Au jour le jour, je côtoie des gens merveilleux qui se battent avec leur banque, leur patron, leurs collègues, la maladie, la précarité... Qui se soucie de ces gens qui ne sont ni des  profiteurs, ni des assistés, ni des parasites, ni des anarchistes rejetant tout système ? Qui accorde un poids à ce qu'ils ont à dire et à apporter ? A ce qu'ils nous disent de la société telle  qu'ils la vivent ?
Autant vous le dire tout de suite : cette chronique sera courte et sombre; je n'ai pas le moral très haut, les mauvaises nouvelles se succèdent... du coup, le noir que je broie,  tel le broux de noix qu'affectionnait tant Victor Hugo pour peindre ses estampes, colore ma vision du monde et des choses...
Je veux mieux pour mes enfants, j'attends mieux que cette morosité dans laquelle on nous demande d'accepter d'avancer, parce qu'il faut bien que les actionnaires soient satisfaits; Victor  Hugo dans une main, la Bible au livre des Rois dans l'autre, The Company Men à la télé et bien sûr Jean-Jacques dans les oreilles :
Restent nos rêves et nos espoirs pour tout recommencer
Et puis rallumer la lumière
Briser l'obscurité
Balayer la poussière
Respirer, respirer
Et puis remonter les rivières
Persister et signer


Restes de fêtes
Chez nous, on adore rentrer dans Noël, on a du mal à en sortir... alors on fait traîner... au pied du sapin, les poupettes ont trouvé du maquillage... de quoi se grimer à l'image de leur  surnom respectif, pour  poser devant les lumières encore allumées du sapin (comme tout me semble loin maintenant !). Marion avait eu  un très joli déguisement de princesse, mais hélas elle n'avait pas semblé le trouver  à son goût lors du premier essayage ! Heureusement que Colinette était là pour donner  une  seconde chance à la belle robe !

  Côté garçons
Une marraine-Noël, ça permet aussi de prolonger les fêtes. Quand le dernier paquet sort de la hotte à la mi-janvier, le joyeux filleul  peut profiter au calme des  joies des assemblages... 10 ans, presque 7 avec des Légos dans les mains et toujours le même plaisir de  fabriquer, avant de détruire pour créer et  recréer encore... merci Laurence et bravo pour ton inspiration tombée pile poil !
Après l'excitation des fêtes, les jeux calmes furent les bienvenus... ainsi qu'une après-midi de "défoulage" lors d'un tournoi de volley, avec bien sûr Christophe comme coach ! Les garçons ont visiblement beaucoup aimé, du début à la fin avec la douche prise  dans les vestiaires, comme des hommes (comme leur père !). Ca m'a amusée de les voir revenir tous  les 3, cheveux humides et langue bien pendue pour raconter leurs exploits sportifs...

6 contre 1000
Défi colossal... pas évident à relever... et pourtant ! C'est tous ensemble que nous nous sommes attaqués à un de mes cadeaux de Noël : une photo-puzzle  de 1000 pièces donc. De longues heures de  patience, une organisation très poussée, des  rôles bien répartis... l'ouvrage  peu à peu, a pris forme, et la mise en place de la pièce finale (par les enfants)  a été l'occasion d'un joyeux tintamarre ! Depuis, l'ouvrage  trône en bonne place, attendant de retrouver son "collègue" de l'an dernier, pour lequel l'aide de papi fut plus que  précieuse...

Quand le temps nous rassemble, ensemble, tout est plus joli
Quand le chaos s'installe, il fait bon se retrouver pour se soutenir et garder le cap de l'espérance. L'Epiphanie offrait une occasion  rêvée pour partager un moment avec  quelques filleuls et quelques parrains/marraines ! De délicieuses galettes (Christophe a même réalisé jusqu'à la pâte feuillettée de la sienne !),  un peu de cidre pour la bonne humeur, quelques chocolats rescapés de 2011 (ben depuis, y'en a pu !!) et surtout  des enfants pleins d'énergie, et de vie, et de créativité ! Il a bien fallu que  les adultes s'adaptent à leur fantaisie !


En guise de morale
Je me demande, maintenant que ma chronique touche à sa fin, pourquoi il m'a fallu si longtemps pour l'écrire... Sans doute, je me suis laissée engloutir par ces vagues  inattendues et déferlantes de mauvaises nouvelles... mais comment font alors ceux qui les prennent de plein fouet, ceux sur qui elles s'abattent de front, alors que je n'en suis  réellement  que spectatrice ? Ils savent combien je les admire et je les aime, combien je voudrais être plus forte pour eux et avec eux...
En tous cas, je lutte pour que mes priorités restent mes priorités... Humains, faillibles, nous le sommes, querelleurs et susceptibles (trop) souvent, maladroits, trop silencieux  ou trop bavards, selon  l'attente de ceux à qui nous nous adressons... mais que reste-t-il de tout cela face à la souffrance, la peur ? Comment savoir de quoi sera fait demain ? Alors "carpe diem",  est-ce faire l'autruche, refuser les difficultés, ou au contraire  savoir rechercher en toute situation, en toute relation, ce qui est beau et nous fait grandir ?
Alors, à tous ceux qui auront lu cette chronique sans se sentir attaqués, vexés, jugés, ceux qui l'auront pris pour ce qu'elle est : l'envie, pour une fois, de parler d'autre chose  que de mon bonheur familial quotidien (et si précieux, et si irremplaçable), à ceux-là, d'avance, je dis merci... pour leur indulgence face à cette 122ième chronique !  Aux autres... "tu dis que c'est trop facile, tu dis que ça ne sert à rien, mais c'est encore plus facile de ne parler... de rien".... Rendez-vous le mois prochain !