La chronique d'Elodie - mai 11

Va pour tes forêts, tes loups, tes gratte-ciel
Va pour tes torrents, tes neiges éternelles
J'habite où tes yeux brillent, où ton sang coule, où tes bras me serrent
J'irai où tu iras, mon pays sera toi
J'irai où tu iras, qu'importe la place, qu'importe l'endroit[...]
Qu'importe j'irai où bon te semble
J'aime tes envies, j'aime ta lumière
Tous les paysages te ressemblent
Quand tu les éclaires...

Jean-Jacques Goldman, pour Céline Dion  J'irai où tu iras


Des gratte-ciel pour faire briller les yeux de Christophe... cadeau "spécial" pour ses 40 ans qui approchent, cadeau promis  depuis plus de 10 ans, presque 20 même quand j'y pense... Temps suspendu durant quelques jours pour découvrir ensemble la ville qui ne dort jamais, 
New York, New York
... Honneur à elle dans cette chronique ! J'irai où tu iras, mon pays sera toi : bienvenue "chez nous" !

Mes amis, je dois m'en aller, je n'ai plus qu'à jeter les clés, car elle m'attend depuis que je suis né : l'Amérique !
Notre aventure commence par un mercredi matin banal... après avoir confié notre chère progéniture aux bons soins de leurs grands-parents montagnards, nous prenons les rails direction  Roissy... Enfin, pour en arriver là, il aura quand même fallu surmonter l'épreuve de l'annulation ( 1 semaine avant le départ !) de notre vol aller... Heures de négociations au téléphone, menaces et  supplications, bref intervention musclée de Christophe qui nous vaut non seulement une place sur un vol le même jour, mais en plus sur un vol direct ! Trop cool...
Bref, nous voilà donc  installés "confortablement" dans l'avion, prêts à partir... baptême de vol long courrier pour Christophe, valse de souvenirs d'enfance pour moi... Nous remontons le temps par la  magie des fuseaux horaires, et débarquons, en plein scandale DSK !, à "JFK International Airport" avec autant d'enthousiasme que des immigrants du XIX°... Une heure d'attente plus tard, avec contrôle biométrique et pas  une seule parole de bienvenue !, nous trouvons notre "shuttle" qui, sous des trombes d'eau !, nous conduit au pied de notre hôtel... Et là, c'est la classe ! Le  Millenium Broadway Hotel est une tour immense, à quelque secondes de  Time Square, rêve de mon chéri... Nous avions demandé une chambre si possible à un étage élevé, nous voilà logés au 46° !!! Que du bonheur ! Le gigantisme, première réalité américaine !
Les "clichés", c'est ce que nous recherchions, et nous avons été servis :
des rues tracées en quadrillage, et la 5th avenue qui sert de  repère pour le décompte; "t'es où là ?" "à l'angle de la 42° et de la 5°"...
un  Starbucks Coffee à chaque coin de "block", avec des Caffe latte, Moka with cream, Low Fat Chocolate, qu'on boit dehors, comme tous les gens pressés...
des "distributeurs" de journaux, essentiellement en anglais, espagnol et chinois... nulle trace du Monde !!
des  taxis jaunes omniprésents
des  School Bus à heures régulières
des McDo toujours pleins
des  parkings "verticaux", où les placiers jouent à Tétris à longuer de journée avec des voitures réelles...
des  écoles privées à la pelle, plus ou moins attractives selon le quartier (et sans doute le montant des frais de scolarité !)
des  voitures de police et des policemen (et women) par lots de 3 au m2
des  vendeurs de hot dogs, donuts, smoothies et autres bagels partout sur les trottoirs, de l'aube à la nuit tombée, sauf le week-end !!!!
les fameux immeubles de briques avec les  escaliers extérieurs par exemple, ceux par lesquels les héros réussissent toujours à s'enfuir dans les films...
des  terrains de basket clôturés, espaces de liberté délimités pour gamins du bêton en mal de grands espaces
les bandes d'infos, qui relaient à la minute les événements nationaux  (les scores de base ball par exemple; incompréhensibles pour moi !)ou internationaux
enfin, Wall Street et sa légende, l'impression diffuse qu'ici se décide le sort économique d'une bonne partie de la planète...

 2 français à New York
On voulait des clichés, on en a eu... impossible donc de ne pas être nous-mêmes les clichés des touristes... Direction donc les "grands monuments", avec,  dans l'ordre de viste :
Ground Zero; immense chantier grouillant d'activité et de va et vient ; milliers de touristes, de travailleurs, de voyageurs et d'ouvriers arborant un tee-shirt flashy estampillé  "I build the Freedom Tower, and I am proud" ("je construis la Tour de la Liberté, et j'en suis fier"). Cette  nouvelle tour, destinée, à terme, à être encore plus haute que ne l'étaient  les défuntes Twin, s'élève déjà haut dans le ciel de Manhattan. Hélas, le chantier défigure totalement l'espace, qui devait être beaucoup plus impressionnant à voir juste après les événements de 2001.  Le projet est colossal, un mémorial, la Freedom Tower, et un espace "vert" où les emplacements des Twin Towers seront matérialisés par des bassins gigantesques desquel, si j'ai bien  compris ! s'élèveront, la nuit,  comme c'est déjà le cas, 2 immenses faisceaux lumineux verticaux s'élevant au-dessus des autres gratte-ciel...En l'état actuel des choses, je ne peux pas dire que le lieu incite au  recueillement ou à la médiation... Du coup, nous poursuivons notre route direction
le Tribute WTC Visitor Center, musée-mémorial à la mémoire des victimes du 11 septembre, mais surtout des  pompiers mobilisés sur les lieux de la catastrophe; là, par contre, l'émotion  affleure avec  les témoignages, les photos, les films amateurs... même les clichés déjà vus des dizaines de fois sont porteurs ici d'une autre intensité. Et le message de paix fortement représenté  par les oiseaux en origami (voyez  ici pour la symbolique des oiseaux de Sadako Sasaki, et  ici pour leur place au Tribute WTC) laisse au visiteur une impression très forte...  Séquence émotion donc, bienvenue dans notre visite effrénée de cette ruche bourdonnante...
La  Statue de la Liberté ; ça c'était mon truc à moi, j'y tenais ferme et rien, même pas les énièmes contrôles aux rayons X (avec retrait des montres, ceintures, barrettes, chaussures etc...), ne pouvait me dissuader d'y aller (même si Christophe a dû aller en catastrophe cacher son couteau suisse dans un buisson pour pouvoir passer les contrôles !!!). La balade en ferry  nous offre  une vue imprenable sur Manhattan, avant de nous débarquer sur cette toute petite île où nous savourons (après le nouveau contrôle !!) la joie d'effectuer la visite avec  un audio-guide, sans être  interrompus par des "c'est long", "pipi", "j'ai faim", "j'peux grimper là-dessus ?"... Nous admirons  le flambeau d'origine, détérioré par les intempéries et découvrons les  secrets  techniques de la Dame... mais c'est surtout le symbole qu'elle représente qui est ici très fortement perceptible. Pour en saisir pleinement la portée, nous reprenons le ferry jusqu'à
Ellis Island; c'est là que des centaines de milliers d'immigrants ont débarqué avant d'être officilemment admis aux Etats-Unis, ou refoulés. L'immense  hall d'accueil nous fait déjà saisir l'ampleur de toutes les histoires  personnelles qui ont transité par ici, et l'exposition passionnante qui court de pièces en pièces nous aide à comprendre les attentes et les espoirs de tous ces étrangers arrivant ici  comme en Terre Promise, désireux de  conquérir, à défaut du monde, au moins une dignité personnelle... Dans cet esprit, nous repartons à la découverte de la "grosse pomme", et nos pas nous mènent au pied de
l'Empire State Building, du haut duquel nous nous sentons les  maîtres du monde, ou au moins de la  cité qui s'étend à nos pieds... Je reconnais la tour du  Chrysler Building, la  verdure de  Central Park, et m'attarde sur  la Statue de la Liberté qui semble garder l'entrée de la ville. Le  hall d'entrée du bâtiment reflète la soif de puissance et de domination  des bâtisseurs... et, un peu sans doute, de toute la nation ! Nation qui,  le week-end venu, se met au vert à
Central Park.  Dans cet immense espace au milieu des buildings, les new-yorkais pur jus peuvent organiser  l'anniversaire de leurs enfants, le tournoi de  base-ball du dimanche, la  bucolique  promenade en barque pour séduire l'élu(e) de son coeur... On croise des  tortues des villes et des  musiciens des champs, et on se dit que les parisiens ne sont pas très  différents de leurs cousins d'Amérique !!

  Quartiers et banlieues, films et séries !
Première destination incontournable : Brooklyn. Patrie de Tony Miccelli de Mme est servie ! Nous nous engageons d'un pas alerte sur le fameux  pont de Brooklyn, pour débarquer  "en banlieue", où le rythme semble ralenti et les préoccupations, bien  proches des miennes !  Manhattan n'est  pas loin mais en même temps tout ici respire le quartier résidentiel avec des grappes d'enfants (et leurs nannies) à tous les coins de rue, des vendeurs de glace,  des lounge-bars sombres et calmes.... et des petites supérettes où, moyennant 17$ !!, tu peux t'acheter du beurre de cacahuète, des crackers, une pomme, une orange et du fromage made in US !!!
Second terrain de découverte : la ville dans la ville,  Chinatown. Des tonnes de magasins offrant de la camelote importée d'Asie, de la contrefaçon, des remèdes médicinaux  contre tous les maux existants ou imaginaires... C'est là évidemment que nous dénichons les statues de la Liberté en résine réclamées par nos enfants, et que nous tombons nez à nez  avec un de nos voisins d'ici, lui aussi venu en touriste ! Le monde est bien petit ! Christophe bave devant les  carcasses de viande laquées exposées dans les restaurants, et nous nous  offrons un petit gueuleton improbable, le menu et la façon de parler du serveur étant incompréhensibles !!
En remontant encore plus loin dans nos souvenirs télévisuels, nous avons remonté  Park Avenue à la recherche de l'appartement de Mr Drummond, père adoptif d'Arnold et Willy... évidemment on ne l'a pas trouvé, mais on a pu constater à quel point cette avenue pouvait faire rêver 2 petits garçons noirs issus des quartiers pauvres de Harlem!
Enfin, notre périple nous semble achevé lorsqu'au terme d'une looooongue marche, et suite à l'achat d'un plan de la ville à 8$ (soit 8 hot-dogs !), nous dénichons enfin  l'immeuble des héros de Friends; si on ne connaît pas la série, ça ne signifie rien, mais pour les fans comme nous, c'est amusant de regarder de près cet immeuble où sont censées se  dérouler les aventures de nos "amis"... tournées en studio à Los Angeles !! Bravo à Christophe Richemont qui a gagné le jeu Facebook ! Ta sucette est en transit !

Les anecdotes du voyage
Parce qu'il en fallait, sinon ce ne serait pas drôle !
Le jour du départ, nous arrivons (dans les temps !) au comptoir d'Air France pour nous enregistrer; et là, la charmante hôtesse nous annonce que nous voyageons en... classe affaire. Nous échangeons un regard discret, mais je sens bien que le petit sourire de Christophe exprime la même chose que ce que je ressens : "ouah la vache !! on va voyager en business au prix de la classe éco !!". Hélas, bien vite l'hôtesse se rend compte qu'il y a une erreur sur nos billets. Notre vol initial ayant été annulé, la compagnie qui devait l'assurer nous a  replacés sur un autre vol, avec une autre compagnie (en l'occurence Air France). Mais chez Air France, le symbole de la classe affaire est le même que celui de la classe éco de l'autre compagnie. D'où la confusion... vite réparée, hélas pour nous !
Le décalage horaire, ce n'est pas toujours facile à encaisser, surtout quand, comme c'est le cas pour nous, on n'est qu'au début de sa carrière de globe trotteur... Bref, Mr Christophe  a eu bien du mal à se mettre à l'heure locale... surtout la nuit ! Et voilà comment tous les jours à 3h30 du mat heure locale, il arpentait le pavé de Time Square pour prendre quelques 657 photos, et téléphoner à ses potes ou aux enfants tout en leur  faisant coucou à travers la caméra installée sur l'avenue....
Lors de notre déjeuner dans Chinatown, nous avons "sympathisé" avec notre voisin de table, un hong-kongais venu pour affaire, qui, après nous avoir invités à venir visiter Hong-Kong,  nous a avoué venir ici pour soulager son "mal du pays"; dès lors, je n'ai eu de cesse de trouver une pâtisserie Daloyau pour soulager le mien, mais nous n'en avons croisé aucune (est-ce un hasard ???)
Heureusement, un petit vent du pays a soufflé lorsque nous sommes tombés nez à nez avec le  Group of four trees de Dubuffet, devant le Chase Manhattan Bank building... Dubuffet,  artiste français dont la Closerie n'est qu'à quelques kilomètres de chez nous !!!

En vrac, le reste !

 Le mois a débuté avec la béatification de Nathanaël... euh non, pardon, celle de Jean-paul II ET le  baptême de Nathanaël ! On a chanté,  prié, célébré, mangé et partagé... alleluia !

 L'autre grand événement du mois, ce sont les 6 ans de Coline; l'occasion de réunir les copains, d'introniser Louis  maître du jeu, de laisser Christophe s'amuser  comme un gamin, de ressortir  les accessoires de  pêche à la ligne et autres jeux traditionnels d'anniversaire, de préparer un  joli gâteau selon les goûts de notre princesse et de la regarder souffler, avec  beaucoup  d'élégance !, les 6 flammes de ses bougies... Bon anniversaire ma  puce d'amour !

 La Fête du Cerf-volant a eu lieu dans la ville voisine; l'occasion d'admirer  quelques beaux spécimens, ainsi que de  surprenantes machines...

 Le soleil s'est installé... la        piscine a donc refait surface !

 Christophe a déniché de la "pâte à ballons", souvenir d'enfance... et nos enfants ont        adoré !

 Les coéquipiers de l'Homme se sont équipés comme des pros avec des maillots aux noms rigolos... où est Christophe ??