La chronique d'Elodie - février 2006

chez un écrivain, la difficulté parfois rencontrée de trouver l'inspiration au moment d'entamer une œuvre. Cette épreuve peut être due à la volonté tellement grande de faire une œuvre parfaite, que toute idée qui vient à l'esprit de l'auteur lui paraît systématiquement mauvaise, de telle sorte qu'il devient alors impossible pour lui de débuter son œuvre." Ben oui, je sais, on a du mal à y croire quand on connaît mon penchant pour la discussion perpétuelle et sur tout sujet, mais, parfois, je suis muette...et là, en ce début du mois de mars, silence radio...disparition de ma muse inspiratrice... black out...vide...rien...
Pourtant, depuis le 27 février j'y pensais à cette chronique...je cherchais comment mettre mes idées en place et là la vérité m'est apparue : quelles idées ??? Impossible d'extirper quelque chose du conglomérat pâteux qui s'était formé entre mes cellules nerveuses...Allez savoir pourquoi ! Sans doute une statuette vaudoue à mon effigie détient-elle la réponse quelque part...Enfin bref, le néant...Et puis des tas d'excuses plus ou moins bonnes pour ne pas me coller devant le clavier : c'est Mardi-Gras, il faut faire des bugnes...c'est mercredi des Cendres, on va à la messe... c'est jeudi et la montagne de repassage à la dérive m'appelle...c'est vendredi et j'ai décidé de faire "carême" d'ordinateur le vendredi... le week-end on n'y pense même pas, et puis c'est reparti sur une nouvelle semaine...ajoutez à ça les travaux du salon qui avancent à la vitesse d'une tortue au ralenti, les interventions de la puce qui a décidé de ne plus dormir le matin...et nous voilà au 6 mars et la page s'affiche toujours désespérément blanche...mais tiens !, tout a changé ce matin, je n'y comprends rien ?! et j'crois bien que la muse est de retour ! Alors silence, moteur et...action !!

Le paradis blanc

Cette année, c'était dit : on (re)partait au ski...enfin, à la montagne, en espérant trouver un peu de neige pour glisser...
Premier problème à résoudre : comment oragniser nos journées avec une toute petite fille qui ne tient pas encore sur des skis ??? Réponse fort judicieuse : embarquer papi et mamie dans l'aventure.
Second problème : comment faire en sorte que chacun s'amuse sachant que je suis vite épuisée alors que Christophe en redemande ? Réponse : embarquer tonton Ju dans l'aventure !
Une fois ces deux questions majeures réglées, nous nous sommes lancés joyeusement à l'assaut des cîmes enneigées...Trajet sans histoire: voiture blindée à mort, premier bouchon à 30 km de la maison puis régulièrement tout au long du chemin, petite fille en pleine poussée dentaire "surprise" nous offrant d'odorantes diarrhées toutes les 2 heures (la pause s'imposait vraiment !!), foule de vacanciers crétins décidés à partir le même jour que nous, petits garçons pas du tout décidés à dormir...bref, le bonheur. Les 8 heures initialement prévues se sont muées en 10, mais on a fini par arriver !
Tout le monde comptait sur une bonne nuit de réconfort, et bien sûr il n'en fut rien ! Coline a poursuivi son festival par une belle poussée de fièvre et des réveils sonores toutes les heures et demies...Faut d'l'amour, j'vous l'dis, moi, pour bercer une p'tite braillarde quand on s'est levé à 5h et qu'on a 800km dans les pattes...Mais on a survécu ! Ce fut la pire nuit du séjour, et heureusement...
Dès le lendemain, on a pu profiter des joies de la montagne...Il faisait gris et froid à la station, mais il suffisait de passer au-dessus des nuages pour profiter du panorama et des joies de la descente. Une fois tout le monde équipé, nous avons confié Louis et Paul à leur monitrice pour leur premier cours. Nous hésitions entre les cours particuliers et collectifs, mais l'aspect financier a tranché pour nous ! Les voilà donc partis tous les deux pour une heure...Pendant ce temps, Chris, Ju et moi nous en donnons à coeur joie sur les pistes poudreuses et presque désertes... Même programme pour toute la semaine : les garçons ont fait des progrès fulgurants (vive les cours particuliers !); dès le 2° jour, Louis prenait seul le téléski, descendait en chasse-neige, faisait des virages, sautait des bosses (!) et nous réclamait de retourner sur les pistes après le repas de midi !
Paul a mis un peu plus de temps, mais se débrouille à présent comme un chef sur le téléski, maîtrise le chasse-neige et s'amuse comme un fou !
Papi et mamie nous rejoignaient de temps en temps pour que Coline admire ses frères et prenne un peu le bon air des hauteurs; ils profitaient aussi de la pause ravitaillement de fin de matinée que chacun attendait avec impatience !
Bilan du séjour : Paul et Louis ont passé leur ourson avec brio et enthousiasme...pour une première fois, c'est super !

Chutes, bobos et réconfort

Julien a déchaussé dans la piste noirequ'il a descendue avec Christophe; rien de bien méchant, juste le plaisir d'aller chercher son ski dans la forêt poudreuse !
Christophe s'est déboîté l'épaule lors d'une chute mémorable où le pire aurait pu se produire puisqu'il avait l'appareil photo autour du cou ! Ce dernier a bien mangé de la neige, mais il commence à avoir l'habitude et a bien continué à remplir son office...heureusement...
Et moi j'ai été punie d'un péché d'orgueil qui fait ma honte : j'ai voulu "me la pêter" en descendant une piste "en marche arrière" devant Paul, pour le regarder...Tout allait bien jusqu'à ce que je passe sur les skis d'une petite fille qui était derrière moi (et que donc je n'avais pas vue !!), provoquant ainsi sa chute, l'immobilisation d'un de mes skis mais pas de l'autre et l'inévitable écart facial provoqué par cette position et accentué par l'arrivée entre mes skis de mon Polochon encore peu à l'aise pour s'arrêter... Vous imaginez ma honte devant l'air goguenard de la maman de la petite fille, ma panique devant mon impossibilité de retrouver une position normale, et ma douleur surtout !! Dieu m'est venu en aide et j'ai réussi à me redresser, mais depuis j'ai les genoux en compote, les hanches déboitées et les chevilles vrillées...le bonheur, quoi !
C'est vrai que les gamelles au ski, ça peut faire mal...Mais il y a aussi tous ces moments tranquilles à savourer, comme le verre de vin chaud quand il fait -4 sur les pistes, ou la vaisselle en famille pour me rappeler ma jeunesse !, ou les réveils câlins de nos petits bouts, ou les poses romantiques sur le toit du monde...sans oublier les parties endiablées de Jungle Speed ou de Uno, les concours de mots fléchés, les descentes en luge et les éclats de rire...
Merci à mamie, papi et Juju de nous avoir accompagnés et permis de profiter pleinement de ces quelques jours bien occupés, malgré les nuits agitées !!!

Du côté de chez nous

Comme le trajet retour s'était plutôt bien passé (on a même rencontré "Papounet" en chemin !!), nous étions gonflés à bloc et super motivés pour nous lancer dans l'ambitieux chantier auquel nous pensions depuis plusieurs mois : redécorer le séjour. Ok, ça n'a l'air de rien dit comme ça, mais il ne faut pas oublier:
1/ que la pièce est grande...ça en fait des lés à arracher !
2/ que les plafonds sont hauts...ça en fait des mètres avec le cou tordu pour les repeindre!
3/ que les enfants sont là !!!...ça ne fait pas beaucoup de temps pour travailler tranquille, entre les pleurs, les disputes et les repas à servir !
Bref, comme je le disais en intro, ça n'avance pas vite...mais on tient le bon bout ! Chris-Charles a fini les plafonds, et moi les boiseries (enfin presque! ) et la pose de tapisserie va pouvoir commencer...D'ici Noël, ça devrait être bon !!!

Un week-end décontractant

Que fait-on quand on vient de rentrer de vacances, que le linge à laver/repasser se pèse en tonnes, qu'on vient de se lancer dans des travaux de bricolage et que le salon est un champ de bataille ??? Mais oui, bien sûr, on s'échappe un week-end pour accompagner des jeunes de la paroisse en retraite de préparation à la confirmation en Normandie !
Mais là encore, tout n'est pas si simple, et les choses auraient pu virer au drame ! Le matin, Homme constate que non, décidément, il a trop mal à l'épaule et qu'il faut qu'il prenne quelque chose...Il retourne l'armoire à pharmacie familiale et décrète qu'il n'y a rien d'adéquat : direction la pharmacie du quartier. Il revient, triomphant, avec une boîte de Décontractyl destinée, comme son nom l'indique, à décontracter les muscles douloureux de cette frêle créature. Et vas-y que j'en prends deux, ça ira plus vite. Du coup, moi, solidaire et toujours en souffrance au niveau des articulations inférieures, je l'imite. Et voilà-t-y pas qu'au milieu du repas je me sens transportée ailleurs, tandis que mes yeux semblent choisir tout seuls la direction dans laquelle ils veulent regarder (et évidemment pas la même pour chaque oeil). Le géranium qui me pousse dans le dos me fait soudain souffrir, tandis que les murs de la cuisine qui tanguent de gauche à droite me donnent la nausée... Ah ça, pour être décontractée, j'suis décontractée là ! Même carrément étourdie...Christophe me hisse sur son épaule valide et m'allonge sur le canapé où je végète comme une aubergine blette avant de retrouver progressivement mes esprits...et de voir arriver mon cher et tendre tout à coup un peu trop décontracté lui aussi !!!
Dès que mes yeux ont retrouvé leur harmonie directionnelle, je me rue sur la notice, rubrique "Effets secondaires indésirables" : et là, bien lisible : "étourdissements"...ben tu l'as dit Bouffi ! Pour être étourdissant, c'est étourdissant ! Heureusement, quelques heures de repos nous remettent à peu près sur pied (même si la racine du géranium dans mon dos continue à me gratter tout l'après-midi).
Enfin bref, nous voilà en route pour Les Essarts, en Normandie, où la Communauté des Béatitudes nous accueille. Tout se passe bien, sauf pour le Père José qui, équipé d'un GPS flambant neuf, se retrouve perdu dans la campagne, réduit à sortir sa bonne vieille carte routière du siècle dernier pour arriver à bon port...Cette mésaventure ne l'empêche pas de livrer aux jeunes de belles réflexions, et j'ai pu en saisir une pour vous la partager :
"Quand vous aurez vu quelqu'un vivre le passage dans l'éternité (recevoir les derniers sacrements), vous aurez compris ce qu'est la mort.
Pour le moment, vous êtes jeunes, vous devez déjà comprendre ce qu'est la vie."
Beau programme, non ?

J'ai vu le loup, le renard et la belette...

Louis est actuellement en phase de croissance accélérée..il dévore ses repas (vaut mieux l'avoir en photo !) et a pris plusieurs cm d'un coup. Toujours très attiré par la lecture, il déchiffre tout ce qu'il voit (même la composition des gâteaux secs !) et c'est parfois assez comique: sur la couverture du programme TV est écrit en gros " Gagnez des gros lots"; il lit donc "Gague-nez des gros lots"; je l'interrompts en lui faisant remarquer qu'on ne lit pas les lettres une par une dans un mot, qu'il faut les lier, que G et N font le son "gneu"... Très obéissant, il relit correctement puis poursuit par la liste des gros lots : "livres, gueba, jeux". Je l'interrompts de nouveau : "gueba ? qu'est-ce que c'est que ça, gueba??". Et là, il me montre le texte : en fait, il s'agit de "GBA", les initiales pour "Game Boy Advance"...Et me voilà, piteuse, à lui expliquer que , il faut séparer les lettres, qu'on lit "GéBéA" et non  pas "gueba"...le regard qu'il me lance me laisse sans voix...
Paul à l'inverse de son frère fait preuve en ce moment d'un appétit d'oiseau; 3 pâtes, 1/4 de saucisse et le voilà rassasié...Tout le monde s'extasie sur ses taches de rousseur, apparues après les vacances de ski. Il est tout mignon avec ça sur la frimousse. J'accompagne sa classe à la piscine tous les vendredis, et je suis fière de constater qu'il est le plus à l'aise; les séances hebdomadaires avec papa ont porté leurs fruits, même s'il semblerait qu'elles soient à l'origine de ses problèmes auditifs ! En théorie, il doit donc se baigner avec..un pince-nez ! En pratique, dès la 3° minute dans l'eau, l'engin a quitté le nez et flotte à la surface... Il n'a ni la langue, ni les oreilles dans sa poche et reste encore très rigolo dans ses réflexions : après l'épisode du Décontractyl, tandis que je me plaignais d'avoir la tête qui tournait, il éclate de rire et me dit "Mais non maman, elle tourne pas ta tête !"
Coline a donc percé 4 dents depuis le début du mois de février; 6 petites quenottes l'aident à présent à dévorer cracottes et biscuits secs. Elle tient très bien assise sans appui, commence à se déplacer en glissant sur ses fesses rebondies et adore les jouets musicaux. En vraie petite fille, elle est très attirée par les colliers, bracelets et autres boucles d'oreilles...Elle dit très bien "mamaaaaa" et "bpabpaaaa", se met à pleurer si son père passe près d'elle sans la regarder et dévore les poils de Moustique qu'elle arrache par poignées...

Les potins

 Il semblerait que j'ai oublié plein de monde pour les anniversaires de février...espérons que ce ne sera pas le cas pour mars ! Plein de bisous pour Arnaud, mamie Christiane, Priscille, Laurence, Renaud et Jacqueline...de quoi porter le total à 208, si mes calculs sont exacts !!

 Je parlais des bugnes du Mardi-Gras, il ne faut pas que j'oublie de parler des crêpes de la Chandeleur, et du spécialiste des décollages aériens...et en plus, elles sont délicieuses !

 Merci à Pierre et Soazic pour leur petite visite...bon retour en Corse, et courage en attendant le C8 !