La chronique d'Elodie - septembre 2004

soigneusement calibrés pour franchir vite-vite les hauts portiques des grandes écoles, non, les autres, ceux qui se sont fait renvoyer des lycées du centre-ville parce que leur bulletin ne promettait pas de mention au bac, voire pas de bac du tout. [...] Et, bien entendu, [ils] n'aiment pas lire. Trop de vocabulaire dans les livres. Trop de pages, aussi. Pour tout dire, trop de livres.
Non, décidément, on n'aime pas lire.
C'est du moins ce qu'indique la forêt des doigts levés quand le prof pose la question :
- Qui n'aime pas lire ? [...]
- Bon, dit le prof, puisque vous n'aimez pas lire...c'est moi qui vous lirai des livres."
Daniel Pennac, Comme un roman
Et me voilà repartie, moi aussi, à lire des livres aux enfants des autres, en espérant leur donner le goût de s'y plonger d'eux-mêmes, le plaisir de jouer avec les mots, le bonheur de donner vie à des images de papier.... Entrer dans l'écrit, découvrir la vie à travers les mots et les dessins des autres... quelle ambition ! Mais c'est vrai "qu'on n'apprend rien en maternelle"...

"En allant à l'école, j'ai vu le bois roussi..."

Pardonnez ce petit grincement de dents inaugural, mais il ne m'aura fallu qu'un petit mois (et encore, à mi-temps !) pour accumuler déjà de "belles" expressions parentales liées au travail des maîtresses de maternelle...Dieu sait pourtant si je n'ai pas l'esprit corporatiste (cf ma chronique de mai 2003), mais il y a vraiment des fois où on a l'impression que les parents viennent d'une autre planète... A croire que nous, pauvres instits si "inutiles" de maternelle, n'avons pas le droit, comme la plupart des autres femmes, d'être jeunes, ou d'être vieilles, ou de faire des enfants et de vouloir les élever, ou d'être en jean, ou d'être en jupe, ou d'être souriantes alors que les parents sont stressés, ou d'être stressées alors que "avec toutes les vacances que vous avez"...
Mais à part ça, quelle joie de retrouver l'ambiance d'une petite classe (j'ai des élèves de 3 et 4 ans !), les sourires des enfants, les premières victoires (ils ne pleurent plus ! ils savent enfin faire une ronde !), les comptines presque oubliées, les rituels quotidiens...tout l'un dans l'autre, une belle rentrée, mouvementée puisque j'ai commencé avec 33 élèves, mais haute en couleurs...C'est reparti !


Double-baptême

Dès le début du mois, une occasion de faire la fête autour de Dorian et Anthony pour leur baptème; c'était une belle cérémonie, les petits gars ont été adorables, tout à fait craquants dans leurs petits costumes chics. Ils porteront sans doute bien le smoking ces deux-là ! Nous avons ensuite eu droit à la visite guidée du château nouvellement acquis par Cathy et Jean-Marc, les heureux parents...ça vaut le déplacement ! Par contre, notre emploi du temps de ministres nous a contraints à quitter la fête avant les agapes prévues par Cathy...n'en resterait-il pas un petit peu ???

Disney avant l'automne

Le soleil nous ayant gratifié de quelques rayons encore chauds, nous avons sauté sur l'occasion pour nous offrir une belle visite chez Mickey. Et bien nous en a pris car, à notre grande surprise, notre petit Paul dépasse enfin les 1m02 requis pour participer aux attractions "à sensations" comme Le train de la mine. On ne s'en est pas privés, du coup ! Bon, c'est sûr, au début, il n'était pas très rassuré, mais il faut bien un peu d'appréhension pour profiter pleinement de la suite ! Et il a vite pris le pli, comme Louis l'avait fait avant lui. C'était tordant de les entendre crier de joie, on s'est bien régalés... Quelques manèges plus calmes pour se remettre de ces émotions fortes, mais on a gardé la tête dans les nuages, c'est trop bien...

La balade des gens heureux...

Ce fut un petit mois très doux que ce mois de septembre, malgré le tourbillon de la rentrée...
Première pause de douceur : une visite à Elise, adorable petite fille d'Anne-Cécile et Laurent. Est-ce vraiment possible que les bébés soient si petits au départ ? J'ai toujours du mal à y croire....Christophe a craqué pour cette nouvelle petite filleule si tranquille; Louis, quant à lui, était très intrigué par les toutes petites mains de la demoiselle...
Une seconde promenade nous a menés, tous les 4, du côté de l'Allée Royale, où les enfants ont confirmé leurs progrès de cyclistes...Comme le temps s'y prêtait, le cerf-volant était de la partie, petit souvenir de vacances. Les garçons ont retrouvé les joies des constructions de sable, on se serait presque crus de nouveau en vacances ! Et, sur le chemin du retour, je n'ai pas pu m'empêcher de penser que le temps passe bien vite lorsqu'on a des enfants....
Christophe a aussi profité d'un après-midi tranquille pour se lancer, avec les garçons, dans la préparation de "gâteaux de pirates"....beaucoup de farine et d'éclats de rire, pour un résultat somme toute...heu... étonnant...et à consommer rapidement pour ne pas y laisser sa mâchoire !
De quoi redonner du tonus aux deux clowns, avides de profiter encore un peu des installations estivales du jardin !

Séquence frissons

Avec la rentrée, les bonnes résolutions me viennent aisément : "je vais faire du sport", "je vais maigrir". Et comme je suis très optimiste, je clame cela à qui veut bien l'entendre.
Et voilà qu'un beau jour, ces grandes déclarations tombent dans l'oreille d'une bonne amie qui, générosité personnifiée, accepte sans condition de me donner un coup de main en me prêtant de quoi remodeler ma silhouette à moindre effort : le fameux "sport-élec" tellement vanté par Pierre Bellemare et Laurent Cabrol en leur temps... Cette amie, ayant le coeur sur la main, me prête également un autre appareil dont je rêve depuis longtemps : un épilateur électrique pour les sourcils...
Me voilà donc avec deux ravissantes petites mallettes contenant chacune une clé pour le relooking de rentrée auquel j'aspire tant (surtout à moindre effort). Mon courage étant ce qu'il est, je décide de commencer par...l'épilation des sourcils. Nathalie (l'heureuse propriétaire de l'engin) a eu beau me mettre en garde ("fais gaffe, ça fait super mal"), rien ne m'arrête : je n'ai pas souffert des heures en salle de travail pour mettre mes (superbes) fils au monde pour reculer devant un petit picotement désagréable...
J'installe donc avec minutie les différents éléments de l'appareil; Christophe, sentant venir l'orage, se précipite afin d'assurer le reportage photo. Première tentative, premier cliché...qui sera d'ailleurs le seul ! Christophe, ébloui par l'arc électrique produit par le démoniaque instrument, autant que par le puissant hurlement jailli de mes petits poumons manque lâcher l'appareil photo, et se retrouve allongé par terre, effondré de rire, tandis que j'agonise devant l'armoire, ruisselante de larmes, la main crispée sur l'infâme outil de torture encore vibrant. Je réussis malgré ma douleur à asséner à mon indigne époux un coup de pied bien placé qui calme rapidement son hystérie joyeuse et le ramène à la réalité (prends ça dans les dents). Un ultime sursaut d'énergie me permet de propulser le monstrueux objet sur le lit. Peut-être me suis-je évanouie, peut-être même suis-je tombée dans le coma, qu'en sais-je, toujours est-il que lorsque j'ai repris mes esprits, Christophe me tapotait affectueusement la main, et je me serais laissée attendrir si je n'avais aperçu le petit sourire qu'il tentait maladroitement d'empêcher de s'épanouir...Mon exclamation outragée brisa les digues de sa folle gaieté, et c'est sous ses tonitruants éclats de rire que j'ai couru me réfugier dans la salle de bain afin
de respirer mes sels (non, là ça fait trop XIX°)...
de me refaire une beauté (mais non, je ne me maquille jamais)...
de finir le travail commencé avec ma bonne vieille pince à épiler (c'est sûr, ça brise le mythe, mais ça sonne vrai !)
Moralité :
- faire confiance aux copines quand elles vous déconseillent un truc
- garder ses sourcils comme ils sont; ma maman me l'avait pourtant dit : "si le Bon Dieu a pris la peine de te faire des poils, c'est bien qu'ils doivent servir à quelque chose" (oui, à faire pleurer de rire mon cher et tendre !)
- planquer l'infâme objet au fond d'un placard, à côté du "sport-élec" que je ne sortirai jamais, de peur de me retrouver avec des électrodes incrustées sur le ventre (comme Keanu Reeves dans Matrix)
- se venger de l'Homme en branchant discrètement l'appareil une nuit  sur les poils virils de son torse avant de lancer le courant "puissance maximale", et le regarder souffrir en se tordant de rire
- enfin, écrire à "M6 boutique "et autre "Télé Achat" pour EXIGER que Bellemare et Cabrol s'épilent en direct.


Attention, mesdames et messieurs...

Toujours à l'affût des petites occasions de sortie, nous avons assisté à la représentation d'un petit cirque installé sur le parking du supermarché (original).
C'est sûr, le prix d'entrée était intéressant, et pour cause : tous les artistes étaient des enfants, sans doute ceux des propriétaires du cirque, ou peut-être étaient-ce de pauvres petits bosniaques réfugiés employés de force par des gérants descendants des Thénardier (hypothèse la plus pessimiste, je vous l'accorde). Bref, nous avons pu voir ces petits réfugiés, pardon, artistes, exécuter acrobaties, jongleries, clowneries et numéros d'équilibristes en tous genres. Tandis qu'un poney anémié, un lama dépressif et un dromadaire neurasthénique faisaient office "d'animalerie exotique" comme le vantaient les affiches.
Le clou du spectacle a quand même été le numéro de dressage d'éléphant avec évidemment Christophe dans le rôle des pattes arrières de l'animal; le pauvre a dû étouffer sous la bâche crasseuse qui le couvrait, mais on était fiers de lui !
Les enfants ont adoré...l'entracte, avec le pop-corn ! C'est toujours ça !

"Prête l'oreille de ton coeur, Il t'appelle"

C'est autour de cet appel que nous avons assisté à la messe de rentrée de notre doyenné, avec les autres paroisses qui le composent. Christophe faisait partie de l'orchestre pour l'animation de la célébration, penadnt que je m'occupais des garçons et de leurs petits copains tout heureux de se retrouver.
La journée se poursuivait avec des carrefours adaptés selon les âges des participants, et nous nous occupions des enfants de l'Eveil à la Foi; nous avions pour l'occasion recruté de la main d'oeuvre parmi nos amis pour animer les ateliers de coloriage, bricolage et autres chanst gestués... Les petits participants, comme Louis, étaient assez appliqués et attentifs, c'était super. Certains ont pu écouter le témoignage de Soeur Charlotte-Emmanuelle, clarisse, qui leur a parlé de sa vocation.
Tout le monde est reparti heureux...merci encore à toutes les bonnes volontés mobilisées pour l'occasion !

Les petits hommes

Petit Paul n'est plus si petit...le voilà à l'école lui aussi. Une rentrée sans problèmes, quelques larmes quand même mais rien de bien méchant. Il ronchonne tous les jours ("moi ze veux pas aller à l'école") mais cela ne l'empêche pas de prendre doucement ses marques, avec ses chaussons, son doudou, son "groupe des bleus", sa "maîcresse Christine" et ses copains "mais ze sais pas son nom". Du coup, il raconte plein de choses et c'est d'ailleurs assez marrant d'avoir sa version des choses puis celle de Louis... Il me paraît tellement grand maintenant, c'est incroyable ! Son sens de la répartie s'affirme, et il n'hésite pas à dire que, lorsqu'on se dispute, "ça ne lui fait pas plaisir dans son coeur"...
Lors d'une visite de routine chez le médecin, celui-ci a découvert que mon petit garnement s'était enfoncé quelque chose dans l'oreille ! Angoisse maternelle, bien vite apaisée : l'oto-rhino a retiré un truc non-identifié (peut-être est-ce un objet extra-terrestre ???), et nous a assurés que rien n'avait été endommagé...Je crois que ça lui a servi de leçon, au moins...jusqu'à la prochaine fois !
Une rentrée de plus pour Louis : le voilà maintenant en "mat sup", dernière étape avant la "grande école". Il n'était pas pour autant ravi à l'idée de retourner à l'école, mais curieusement la présence de Paul a facilité les choses, Louis décidant de jouer le "grand frère" protecteur et positif...Et puis, ça aide de se retrouver dans la cour et la cantine ! Il sait maintenant écrire son prénom "en cursives avec la belle majuscule"...s'il vous plaît !
Quelques petites perles : Christophe est allé donner son sang, un dimanche. Comme Louis demandait où était son père, je lui ai expliqué le principe du don du sang, la nécessité d'en donner pour les personnes ayant eu un accident, etc...Il propose donc tout naturellement de donner le sien ! Je lui dis qu'il est trop petit, alors il réfléchit, et propose de donner son sang "pour les petits enfants qui ont eu un accident"...Joli, non ?
Et dans la série "construction des repères temporels" : j'ai régulièrement droit à table à leurs question sur "est-ce que ça existait quand papa était petit ?"; quoi ? les tortues ninjas, les babybels, le DVD, les livres de Oui-Oui, San-Ku-Kaï, l'école, le parc Chaussy, etc...Et puis carrément un jour, les dinosaures ! Alors là, je me suis dit qu'il allait devenir urgent de leur montrer des photos des années 70, pour qu'ils s'aperçoivent que leur père ne vivait pas dans une caverne, couvert de peaux de bêtes !

Les potins

 A vos bougies, prêts, partez... c'est Papounet qui donne le coup d'envoi ce mois-ci, suivi par Hugo, tata Claire et Maxime. Bref, à eux 4, ils atteignent les 102 flammes...pas mal !

 Pour les rédacteurs de "Rivières des Pluies" : ok, vous nous grillez largement sur ce coup-là, mais le mois prochain sera peut-être celui de la revanche (je suis en vacances à partir du 24 octobre, yek, yek !!!)

 Tata Lili, tonton Hugo et les p'tits Chinois : j'espère que les vacances étaient bonnes, et que le retour à la vie active se fait bien...Tout va bien ici, je vous appelle le 12 sans problème, et pas avant j'espère !

 Pour Julie, future "docteur Julie" : nous penserons bien à toi le 13 (et si ce n'est pas le 13, tant pis, nous aurons quand même pensé à toi !) pour la soutenance de LA thèse. Nous serions bien venus mais avons reçu un courrier anonyme d'un certain S.M. interdisant à quiconque risquant de s'exclamer "Joyeux anniversaire" de pénétrer dans la salle...mais t'inquiète pas, on pourra toujours t'envoyer une cassette !